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En manchette en 2014

L'actualité du CEF en profondeur

5 février 2014

La CEFoshère en bref
Vous voulez améliorer votre sens de la répartie? Lisez les deux derniers billets d’André Desrochers. Vous saurez comment éviter de faire des Anne Dorval de vous lors d’un débat , en plus de découvrir une nouvelle loi des débats inspirée de la Loi de Godwin : la Loi du Pépé ou l’appel prévisible au principe de précaution .

Comme promis, Eric Alvarez nous livre ses appréciations du Chantier sur l’efficacité des mesures en forêt privée  et du Chantier sur les améliorations à apporter à la mise en œuvre du régime forestier , deux rapports qui ont été rendus public à l’automne durant la même période que le Rapport du Comité scientifique sur la limite nordique des forêts attribuables et qui n’ont pas été mis en valeur. Eric vous propose aussi un compte-rendu rafraichissant du 2e Séminaire sur le calcul des possibilités forestières  sous forme d’abécédaire. Comme à chaque début d’année vous pourrez également lire le bilan de 2014 et perspective pour 2015  de son blogue Forêt à Cœur que vous êtes nombreux à consulter puisqu’il y a eu 5 016 utilisateurs en 2014. Dans son dernier billet, il répond de façon percutante à une question délicate de l’actualité : la mise à mort d’une ou plusieurs usines de transformation (et leurs emplois) est-elle justifiée au nom de la certification FSC? 

Christopher Buddle s’interroge sur les concepts clés de l’écologie  que tout le monde apprend dès l’école primaire. Il discute entre autres du concept de la chaine alimentaire. Ce thème est de nouveau abordé sur le blogue arthropodecology  où il présente un article publié par une de ces étudiantes : Effect of fragmentation on predation pressure of insect herbivores in a north temperate deciduous forest ecosystem . Vous pourrez égalent vous divertir en lisant un hommage aux moustiques écrasés  écrit par un des étudiants de Christopher. Un troisième membre de son laboratoire, Elyssa Cameron , se présente dans la série de billets Meet the lab. Christopher vous donne aussi des conseils pédagogiques pour animer une discussion sur un article scientifique  et pour inclure les étudiants dans les activités d’apprentissage . Si vous êtes curieux de nature et que vous êtes intéressé par la recherche en histoire naturelle, lisez le billet  de Christopher qui vous donne des trucs pour pratiquer ce type de recherche en catimini dans le contexte actuel d’austérité.


2 février 2015

7th International Symposium on Root Development : Adventitious, lateral & primary roots - Plusieurs avancées scientifiques présentées
Texte et photos par Maxime Tremblay et Audrey Lemay

Le "7th International Symposium on Root Development : Adventitious, lateral & primary roots" s'est déroulé du 15 au 19 septembre 2014 à Weimar en Allemagne, une petite ville-musée chargée en histoire. Sa bibliothèque, ses monuments et ses multiples musées vous ramènent directement au XVIIe siècle. Une ville des plus intéressantes où peu de personnes parlent anglais en dehors des attractions touristiques. Notre sens de débrouillardise était donc mis à l'épreuve au restaurant et dans les taxis.

Le congrès, qui avait pour but l'échange des connaissances sur le développement racinaire, avait six thèmes principaux:

  1. L'homéostasie de l'auxine et la réponse dans le développement racinaire.
  2. Le contrôle précis du cycle cellulaire et de la différenciation cellulaire dans le développement racinaire.
  3. Autres hormones, signaux et interactions dans le développement racinaire.
  4. Contrôle environnemental et aspects pratiques dans le développement racinaire.
  5. Compétence pour le développement racinaire : génétique et l'effet du plant donneur.
  6. Les nouveaux outils pour analyser et contrôler le développement racinaire.

Nous nous intéressions surtout au contrôle environnemental, thème dans lequel nous avons tous les deux présenté, Audrey dans la session des présentations orales et Maxime dans la session des affiches. La grande majorité des études présentées étaient réalisées en laboratoire et sur de petites plantes comme Arabidopsis. Nos études en forêt boréale sur le système racinaire d'arbres matures ont donc eu un fort impact en ce qui concerne notre approche expérimentale.

Plusieurs avancées scientifiques ont été présentées, et ce, pour chacun des thèmes. Entre autres que les sucres stimulent la biosynthèse de l'auxine, qu'il y a une interaction entre l'auxine et l'éthylène, mais que la qualité de l'interaction dépend du type de racine dans lequel on se trouve (racine latérale ou racine adventive) et que l'acide jasmonique joue un rôle de régulateur négatif dans le développement de racines adventives chez Arabidopsis. Une nouvelle méthode d'analyse par modélisation 3D des systèmes racinaires utilisant les rayons X a aussi été présentée. Une méthode très intéressante dans l'étude de l'architecture de système racinaire qui serait même à considérer dans nos prochaines études.

Nous aimerions remercier sincèrement notre directrice de recherche, Cornelia Krause ainsi que le Centre d'Étude de la Forêt (CEF) pour l'appui financier qui a permis cette expérience très enrichissante.


20 novembre 2014

La CEFoshère en bref
Vous vous cherchez de la lecture pour le temps des fêtes? Eric Alvarez fait la revue d’un livre d’histoire sur les feux de forêt au Québec , un livre essentiel pour quiconque s’intéresse non seulement à l’histoire forestière québécoise, mais aussi aux passionnés de l’histoire du Québec en général. Dans un autre billet, il présente le cas unique d’aménagement que présente le parc Algonquin  situé en Ontario, un modèle pour le Québec. Eric se fait également un devoir de vous faire découvrir les trois rapports  que le MFFP a rendus publics de façon très discrète le 16 octobre dernier. Il commence avec rapport du Comité scientifique sur la limite nordique des forêts attribuables . Restez à l’affût pour en apprendre plus prochainement sur les deux autres rapports des Chantiers découlant du Rendez-vous national de la forêt québécoise de l’automne 2013.

Christopher Buddle a été moins actif que d’habitude sur ses blogues, vous pourrez tout de même y lire trois billets. Sur le blogue Expiscor , vous pourrez découvrir les champignons nid d’oiseau . Si vous vous êtes déjà demandé pourquoi vous avez fait des études aux cycles supérieurs, sachez que vous n’êtes pas seul. Sur le blogue Arthropod Ecology  vous pourrez découvrir les motivations d’autres étudiants et de Christopher lui-même.  Vous pourrez également faire la connaissance d'un deuxième membre de son laboratoire, Sarah Loboda .

Vous serez poussé à revisiter votre point de vue sur certains sujets si vous lisez les quatre nouveaux billets d’André Desrochers, que ce soit sur la fonte des glaces de l’Arctique , l’aménagement de la baie de Beauport , le musellement des scientifiques au gouvernement  ou la censure des scientifiques qui vont à l’encontre du consensus  par les scientifiques eux-mêmes. André attaque ces sujets sous un angle parfois surprenant et toujours rafraîchissant, de la bonne matière pour aiguiser votre sens critique!


29 octobre 2014

44th North American Symposium on Bat Research
Texte et photos par Francois Fabianek 

Me voilà de retour avec une petite chronique en béton. Certes, le trajet en bus Québec-Albany est moins excitant qu'une excursion au Costa Rica , mais là n'est pas la question. Il s'agit plutôt de vous résumer mon opération 'communication' au sein de la bat-sphère internationale, j’ai nommé, la 44e édition du North American Symposium on Bat Research . Merci au CEF, je commence à être un habitué! Futur membre de ce bat-club très prisé? Je ne sais pas, je l'espère peut-être un peu, ne serait-ce que pour augmenter mes chances d’être publié, si vous voyez ce que je veux dire? Non? Peu importe. Ceux qui sont pressés peuvent directement passer aux sections «La conférence» et «Le mot de la fin»

Que dire d’Albany

L’idée qu’il n’y ait pas grand-chose à raconter sur cette petite bourgade administrative située à 2h de la « Big Apple » est vraiment la seule chose qui s’impose à mon esprit. On pourrait, peut-être, faire le parallèle avec les villes de Québec et Montréal, mais c’est une question de point de vue. Ah oui! Un point essentiel pour moi: c’est encore le début de l’automne à Albany (la preuve en photo). Il y a aussi ce contraste saisissant entre l’image d’opulence et de richesse véhiculée par la propagande hollywoodienne et la condition apparente de pauvreté des quidams que l’on croise dans les régions postindustrielles des US (voilà pour la petite pensée géopolitique du jour).

L’hôtel Hilton

Je pense sincèrement que Paris  ne mettrait pas les pieds dans le Hilton Albany de papa. Premièrement, il n’y a pas d’escalier de service (sauf en cas d’incendie). Alors, quand il y a plus de 350 personnes qui veulent assister au même moment à un évènement situé au rez-de-chaussée et qu’il y a seulement 4 ascenseurs fonctionnels pour desservir 15 étages, il faut prévoir environ 10 min d’attente pour y arriver. Je vais peut-être passer pour une petite dounette, mais pour un 4 étoiles à 150$ la nuit, c’est moyen d’avoir une douche foireuse, de ne plus avoir d’eau chaude après 23h00 et d’avoir en plus, la chaine HBO qui déconne (oui, je suis comme ça moi). Pour finir sur une note positive, j’ai quand même été impressionné par la moquette (vous noterez la présence d’une étudiante et de ce que je pense être son directeur de recherche sur la photo)!

La conférence

Cessons de tergiverser (j’ai déjà dû perdre 50 % de mon lectorat) et parlons un peu de cette fameuse conférence internationale. Je suis très satisfait de retrouver à chaque fois une bonne diversité de sujets intéressants sur les chauves-souris, bien que le gros des présentations fût dédié au Syndrome du Museau Blanc  (SMB). Il est fort probable que cette tendance se maintienne ou s’amplifie au cours des prochaines années. Il ne faut pas se leurrer, cette nouvelle niche de recherche attire de tous bords tous côtés, de nombreux jeunes chercheurs en quête de publications (gloire) et de généreux budgets de recherche (ce qui est plutôt rare dans ce domaine, avouons-le). N’étant pas bien différent des autres, je me demande si je ne devrais pas, moi aussi, m’engouffrer dans cette brèche avant qu’elle ne soit complètement saturée.

Les chauves-souris au Québec
Après tout, les populations de Myotis spp au Québec se sont aussi effondrées (95% de mortalité estimé) et en plein pendant mon doctorat. Pour l’instant, c’est regrettable, mais on ne peut pas dire qu’il y ait une foule de chercheurs locaux qui se soient rués sur le sujet. Bon, c’est vrai qu’une chauve-souris ce n’est pas très vendeur en partant. Ça ne se pêche pas, ne se chasse pas (en principe), et contrairement au Congo (qui devrait d'ailleurs revoir sa consommation de chauves-souris à la baisse à cause d'Ébola ), ça ne fait pas partie intégrante de la culture culinaire (quoi que si on ajoutait un peu de frites et du fromage en grains, ça donnerait peut-être un résultat intéressant). Les chauves-souris, ça nous débarrasse de tonnes d’insectes nuisibles chaque été, mais - attention au 3e degré qui va suivre - il y en a tellement de bibites au Québec, qu’on ne verra même pas la différence, chauve-souris ou pas. Une campagne massive d’épandage de BT pour les travailleurs en régions éloignés et puis le tour est joué, non?

Les petits conseils de tonton charlie
D’un point de vue strictement égoïste - ou carriériste, si vous préférez – le fait que personne d’autre que nous (c.-à-d. le bat-lab d’André Desrochers ) ne travaille là-dessus au Québec, n’est pas forcément un point négatif. Il faut tout de même préciser que hors Québec la compétition est déjà bien féroce et quand on décide de se jeter dans un panier de crabes, il faut s'attendre à y laisser quelques poils. J’ai - comme bien du monde - quelques idées de projets en tête, mais c’est toujours délicat de se confesser à un parfait inconnu qui est, lui, en pleine mesure de réaliser vos idées! Il faut avoir l’œil pour savoir à qui parler. En ce sens, je m’estime extrêmement chanceux d’avoir eu droit à un tête-à-tête avec Brock Fenton  et Marc Brigham  (oui, ça ne vous dit rien à vous, je sais) pour parler d’éventuels postdocs au Québec.
C’est clairement du réseautage tout ça, mais ne soyons pas naïf les enfants, il y a une certaine part, pour ne pas dire une part certaine, de stratégie dans le succès académique et professionnel (je ne différencie plus les 2 depuis mon doc). Aussi, on ne peut pas savoir si le courant passe ou pas avec un courriel et rencontrer ses futurs partenaires avant de s’associer est vraiment la meilleure chose à faire. Attention par contre, n’allez jamais à la rencontre d’un chercheur sans un bon sujet en tête en lien avec ses recherches, sinon vous allez rapidement parler de la pluie et du beau temps:
(…)
«As-tu une petite idée de recherche sur le sujet ?»
«Eh bien non, pas pour l’instant.»
«Hum, OK… Montréal c’est vraiment une belle ville, hein?»
«Oui, oui, enfin… j’habite à Québec»
«Bon, euh… François, c’est ça?»
«Oui!»
«Ce fut un plaisir…»
«Euh… OK, oui… bye»
BIG FAIL
Il faut vraiment prendre le temps d’éplucher la littérature pour fermenter un petit projet original, mais trendy (c’est important), qui soit évidement réaliste financio-temporellement parlant. C’est vraiment un art de trouver la bonne étude à réaliser au bon moment et à qualité égale, je crois que ça fait toute la différence entre un papelard qui sera cité 3 fois ou 300 fois. Si quelque chose de gros et d’évident n’a jamais été réalisé jusqu’à présent, posez-vous des questions. Il se peut que beaucoup aient essayé avant vous et se soient cassé les dents. Malheureusement, avec ce satané biais pour les résultats positifs dans la littérature, vous ne le saurez jamais (à moins de publier là dedans ). Là encore, parler de vos projets à des chercheurs qui ont de la bouteille – et qui sont souvent accessibles, car ils n’ont plus rien à prouver - peut vous éviter de vous embarquer dans des galères qui risquent de se solder par un échec. Encore une fois, merci au CEF de nous appuyer financièrement pour tout ceci.

Le mot de la fin

Évitez de présenter une affiche à une conférence, surtout si votre recherche est terminée et que vous pensez avoir plusieurs bons résultats à présenter. Les présentations orales ont malheureusement plus de crédit vis-à-vis de vos pairs. Vous bénéficieriez d’un plus large auditoire et davantage de temps pour bien expliquer votre méthodologie, surtout si celle-ci fait référence à des notions peu courantes ou complexes. Les affiches sont souvent présentées en fin d’après-midi, en fin de conférence et en même temps que le cocktail (attrape foule). Avec un grand nombre de personnes, la chaleur monte rapidement dans la salle et la cacophonie ambiante à quelque chose d’oppressant (oui, ça ne ressort pas vraiment sur la photo). Résultat des courses, les gens passent rapidement sur votre affiche, surtout si celle-ci est mal située et présente de nombreuses statistiques (j’aurais dû mettre une grosse photo de chauve-souris à la place). La plupart vont lire le titre rapidement avant de passer aux images, puis à l’affiche d’à côté. Avec 9 méta-analyses et 4 méta-régressions, j’avais trop de méta-choses à méta-présenter sur une seule affiche (malheureusement pas « méta-» celle-là). Les indices que j’ai utilisés sont très spécifiques à ce domaine de recherche et nécessitaient quelques petites explications… C’était un peu frustrant, mais on ne m’y reprendra plus… Vous pouvez télécharger mon affiche en cliquant ici  ou communiquer directement avec moi  si vous avez des questions. Merci de m’avoir lu jusqu’au bout!


28 octobre 2014

Stage au Centre de foresterie du Pacifique à Victoria, B.C.
Texte et photo par Sarah Bauduin En Octobre 2013, j’ai quitté la belle province et j’ai traversé le Canada pour aller m’installer sur la côte ouest, à Victoria en Colombie Britannique. J’ai rejoint mon co-directeur Eliot McIntire (chercheur au Centre de foresterie du Pacifique et professeur associé à l’Université Laval) pour travailler avec lui sur l’un de mes chapitres de thèse. Bien plus qu’un simple stage, ce séjour était une extraordinaire nouvelle expérience de vie.

Tout d’abord, travailler avec Eliot était une vraie chance et il m’a vraiment aidé à avancer dans mon projet. De plus les ressources disponibles au CFP, autant au niveau des personnes (chercheurs et étudiants) que du matériel, m’ont grandement aidé et permis d’avancer dans mes analyses de manière très rapide et efficace. Ce séjour a aussi été une nouvelle occasion de pratiquer mon anglais. Sur le plan personnel j’ai eu la chance de découvrir Victoria (avec le soleil qui va avec), Vancouver Island et les alentours, de vivre au bord du Pacifique et de rencontrer tout un tas de personnes géniales.

Je remercie le CEF et mes directeurs de m’avoir permis ce séjour dans « l’ouest » qui a été très bénéfique dans l’avancé de ma thèse et aussi une expérience personnelle inoubliable.


16 octobre 2014

Mine Closure 2014 à Johannesburg en Afrique du Sud – Comment améliorer le processus de fermeture des mines?
Texte et photos par Martin Beaudoin Nadeau


La ville de Johannesburg en Afrique du Sud

Le neuvième congrès international de Fermeture de Mines (Mine Closure 2014) se déroulait cette année du 29 septembre au 4 octobre au Centre des Congrès de Sandton à Johannesburg en Afrique du Sud. Johannesburg a été choisi pour accueillir cette prestigieuse conférence car elle se retrouve tout près d’un des plus grand gisements d’or dans le monde, le bassin de Witwatersrand. Plus de 15 % de l’or mondial y est produit. Johannesburg, qui compte près de 15 millions d’habitants (la métropole), s’est développé autour de l’industrie minière du bassin de Witwatersrand. Son économie dépend toujours en grande partie de cette industrie bien implantée et fructueuse. Elle a permis à Johannesburg de devenir la ville avec l’économie la mieux développée de l’Afrique subsaharienne. Presque 50% des réserves d’or dans le monde se retrouve en Afrique du Sud. Les nombreux taxis de marque Mercedes-Benz sont une bonne illustration de cette richesse. La moitié des voitures aperçues sur la route étaient soit une BMW ou une Mercedes-Benz. Il existe cependant toujours une très grande disparité entre les riches et les pauvres à Johannesburg et 25% de la population vit toujours sous le seuil de la pauvreté. On peut toujours apercevoir les restes d’énormes collines de résidus miniers présentes dans le paysage de la ville démontrant très bien l’importance de l’industrie.


Taxi Mercedes-Benz en avant du centre des Congrès

Le slogan principal du congrès était ‘Transformer les déchets en ressources afin de redonner une valeur aux passifs de l’exploitation minière dans un monde en constante évolution’. Depuis neuf ans, ce congrès sert de forum mondial pour échanger des connaissances et développer des capacités à s’assurer que les nouvelles mines seront conçues conformément en vue de leur fermeture future et que les vieux sites seront fermés économiquement tout en minimisant les impacts sociaux et environnementaux. 13 différents thèmes étaient proposés:

  1. l’économie sociale, les politiques, la réglementation et les finances pour la fermeture des mines
  2. les outils de planification, de modélisation et de suivi pour la fermeture des mines
  3. la conception et construction des mines en faveur de leur fermeture
  4. l’héritage minier
  5. la réclamation, la rémédiation, la réhabilitation et la restauration des mines
  6. les opportunités provenant de la fermeture des mines
  7. l’exploration minière
  8. les mines historiques et anciennes
  9. l’exploitation minière à petite échelle
  10. l’écologie sociale
  11. les moyens durables de subsistance
  12. la transformation ou la fermeture des mines et finalement
  13. la fermeture des mines et les changements climatiques

Je m’intéressais surtout à la réclamation et la restauration minière puisque mon projet de recherche de maîtrise se concentrait sur la phytorestauration de rejets miniers d’une mine d’or en Abitibi-Témiscamingue. Seulement 10% des conférences adressaient le potentiel des plantes en restauration et revégétalisation minière. Les autres conférences m’ont permis d’approfondir mes connaissances sur l’ensemble du processus de fermeture des mines et sur les activités et domaines professionnels reliés à celle-ci.


Environ 300 délégués étaient présents

Environ 300 délégués ont participé au congrès. Beaucoup moins que ce que les organisateurs avaient anticipés. Selon eux, plusieurs délégués ont annulé leur participation par crainte de l’épidémie d’Ébola qui est en cours en Afrique. Le congrès commençait par deux journées de formation ayant pour thèmes le contrôle de l’érosion, la modélisation hydrologique des mines et la conception de systèmes de couverture pour la réhabilitation et la fermeture des mines. Trois jours de conférences suivaient avec un total de 70 présentations dans trois salles différentes couvrant une panoplie de sujets. J’ai eu la chance de présenter mes résultats de recherche à la maîtrise durant la première journée. Tous les conférenciers devaient écrire un article qui sera publié dans le journal ‘Mine closure 2014 proceedings’ en octobre 2014. Mon article s’intitule ‘Development of a new green technology for the revegetation of abandoned gold mine tailings using specific symbiotic microorganisms associated with Picea glauca’. L’audience était très intéressée par mon sujet de présentation puisque très peu d'équipes utilisent les microorganismes symbiotiques pour améliorer la santé et la croissance des arbres et arbustes plantés sur les sites miniers. Compte tenu des bons résultats que nous avons obtenus, je crois que plusieurs professionnels de la phytorestauration présents durant ma présentation commenceront à penser sincèrement à intégrer l’aménagement et l’utilisation des microorganismes symbiotiques autant dans leur projet de recherche que dans leur projet industriel de revégétalisation des rejets miniers après fermeture des mines.


Des montagnes de résidus miniers fins
générateurs d’acide

Contrôle hydraulique du drainage minier acide
à l’aide d’arbres et d’arbustes

Le congrès se terminait par une visite terrain d’une journée au cours de laquelle nous avons exploré différents projets de phytorémédiation. La plupart des mines de l’Afrique du Sud sont encore en opération et souterraines. Certaines d’entre elles sont parmi les mines les plus profondes dans le monde avec des profondeurs allant de quatre à cinq kilomètres. Ceci amène la formation d’énormes montagnes de résidus miniers fins qui sont connus pour générer de l'acide à cause des concentrations élevée de minéraux sulfurés dans la roche. La minéralisation de la roche sulfurée par l’oxygène et l’eau amène souvent la contamination des eaux de surface. Celle-ci deviennent très acides et peu favorables à la vie aquatique. L’équipe d’Isabel Weiersbye de l’Université de Witwatersrand a développé, au cours des dix dernières années, un système de contrôle hydraulique du drainage minier acide à l’aide d’arbres et d’arbustes hyperaccumulateurs ou rhizostabilisateurs. Nous avons eu la chance de visiter ses dispositifs expérimentaux qui entourent des montagnes de rejets miniers générateurs d’acide. Les racines des arbres servent de filtres naturels qui décontaminent les sols pollués par les sulfates solubles. Cette technique serait très intéressante à expérimenter au Canada qui possède plusieurs sites miniers avec drainage acide. On y dépense des fortunes pour construire des digues de confinement. Certaines espèces d’arbres et d’arbustes au Canada pourraient peut-être faire le travail de contrôle hydraulique du drainage minier acide à coût beaucoup moins élevé (à suivre).

Ce congrès a été une expérience très enrichissante pour ma future carrière en phytorestauration de sites dégradés. En 2015, le congrès se tiendra du 1 au 3 juin à Vancouver. J’espère avoir la chance d’y assister et y présenter un autre sujet. J’aimerais remercier sincèrement mon directeur de recherche, Damase Khasa, le Centre d’Étude de la Forêt (CEF) et le Centre SÈVE qui, grâce à leur appui financier, m’ont permis de faire ce voyage en Afrique du Sud. Pour plus d’informations sur le congrès, visitez le site web www.mineclosure2014.com.


14 octobre 2014

La Conférence canadienne sur la forêt urbaine s'amène à Laval!
Texte et photo par Susy Domenicano

La 11e édition de la Conférence canadienne sur la forêt urbaine (CCFU) a eu lieu à Victoria en Colombie-Britannique, du 30 septembre au 2 octobre derniers. Une délégation soutenue par la Chaire CRSNG/Hydro-Québec sur le contrôle de la croissance des arbres et le CEF a participé activement à la conférence: des affiches ont été présentées par Virginie Angers (UQAM), Sylvain Delagrange (UQO-ISFORT), Jérôme Dupras (UQO-ISFORT), Matt Follett (UQAM), Bastien Lecigne (UQAM), Annick St-Denis (UQAM), Jorge Ramirez (UQAM), et Rebecca Tittler (UQAM). Alain Paquette (UQAM) a livré une présentation sur l’importance de la biodiversité dans la planification d’arbres urbains et Jérôme Dupras (UQO-ISFORT) sur l’établissement d’un réseau vert dans la région de Montréal. Susy Domenicano (UQAM) a été invitée à donner un atelier sur les racines d’arbres à la pré-conférence du « Tree Academy » visant à la formation continue des arboriculteurs et gestionnaires d’arbres en milieu urbain. Les points saillants de la conférence incluent des promenades dans les magnifiques parcs urbains de Victoria, des excursions pour découvrir comment les forêts urbaines sont intégrées aux plans de gestion de l'eau à Victoria, et une série de discussions interdisciplinaires destinées à explorer pleinement les thèmes de la foresterie urbaine. La conférence s'est terminée sur une note plutôt amusante avec un banquet organisé par Arbres Canada et animé par l’hôte Steve Patterson de l’émission « The Debaters » à CBC. Cette soirée s’est terminée avec l’annonce officielle que la 12e édition du CCFU se tiendra à Laval (QC) en 2016. Marquer vos calendriers — ça sera une conférence à ne pas manquer!


6 octobre 2014

Troisième édition de la Journée portes ouvertes au Bois Papineau
L’Association pour la Conservation du Boisé Papineau (ACBP) a le grand plaisir d’inviter la population à la troisième édition de la Journée portes ouvertes du Bois Papineau. L’événement aura lieu le 18 octobre de 13 h à 16h30, beau temps, mauvais temps. L’accueil se fera dans le stationnement à l’arrière du : 3235, boulevard Saint-Martin Est

Le Bois Papineau, dont un secteur est reconnu comme réserve naturelle par le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, est un trésor écologique au cœur de Laval. Classé au Québec comme un habitat d’espèces en péril, le Bois Papineau abrite plusieurs plantes menacées ou vulnérables. Au total, 220 espèces de plantes y ont été recensées, dont sept sont rares, notamment l’érable noir et le carex de Hitchcock.

Un deuxième aspect de grand intérêt est la présence de trois écosystèmes forestiers exceptionnels reconnus comme forêts anciennes, rares ou refuges par le gouvernement du Québec. Par exemple, la hêtraie du Bois Papineau est l’une des deux dernières forêts anciennes se trouvant en milieu urbain.

« Lors de cette journée, nous voulons que la population apprenne à mieux connaître ce milieu naturel riche et diversifié ainsi que les initiatives de l’ACBP qui œuvre depuis 1986 pour la sauvegarde du Bois Papineau », de dire M. Leclair, président du conseil d’administration de l’ACBP. Alain Paquette et Annick St-Denis du CEF seront sur place pour animer la journée et répondre à vos questions.

Activités pour toute la famille

Vous serez enchantés par la programmation et que dire du site exceptionnel à découvrir! Cette année, il ne faut pas manquer ça!

  • 13h à 16h30 activités en continu
    Kiosques animés par l’ACBP avec la participation de la police de Laval et le Service de l’environnement de la ville de Laval avec jeu interactif. Possibilité d’aller marcher dans les sentiers (carte ACBP).
  • 13h Visite guidée dans le bois départ kiosque de l’ACBP
    Visite de la hêtraie bicentenaire du Bois Papineau : son histoire, sa géologie et son écologie. Avec Alain Paquette, Centre d’étude de la forêt (CEF) et ACBP.
  • 14h Aménagement du territoire à Laval : pourquoi et comment s’impliquer
    Café-conférence local 108 par Frédérique Pellerin-Catellier et Krystal Swift Dumesnil, chargées de projets en environnement au Conseil régional de l’environnement de Laval.
  • 14h30 Le ruisseau Lapinière, entre habitat et égout à ciel ouvert
    Café-conférence local 108 par Marie-Christine Bellemare, chargée de projet en milieux naturels au Conseil régional de l’environnement de Laval.
  • 15h Les drones utilisés pour aider à la protection du Bois Papineau, le saviez-vous?!
    Café-conférence et démonstration à l’extérieur dans le stationnement arrière (si la température le permet) par Stéphane Bouvier de l’ACBP
  • 15h45 Visite guidée dans le bois départ kiosque de l’ACBP
    Agrile du frêne, maladie corticale du hêtre et autres menaces du Bois Papineau. Avec Annick St-Denis, Centre d’étude de la forêt (CEF) et ACBP.

Café et viennoiseries aux conférences, prix de participation et tirage

Soyez nombreux à venir découvrir un trésor écologique au cœur de Laval, le 18 octobre prochain de 13 h à 16h30!


2 octobre 2014

La CEFoshère en bref
Après une longue pause, la CEFoshère est de retour. Les blogueurs du CEF sont toujours aussi actifs. En espérant que cette revue de leurs dernières publications vous donnera le goût de les suivre.

La belle saison a inspiré André Desrochers qui a publié trois billets depuis son retour en septembre. Le premier est dédié aux espèces qui dépendent des mesures de conservation  parfois drastiques et souvent onéreuses pour leur survie. Exaspéré par le rapport de la société Audubon sur l’avenir prochain des oiseaux d’Amérique du Nord, André a écrit un billet hors-série  sur celui-ci pour canaliser ses frustrations. Dans son dernier billet, André aborde un thème qui tranche avec ses sujets habituels : le gaspillage alimentaire et le déchétarisme .

Si vous vous intéressez à l’histoire de la foresterie québécoise, lisez les trois billets qu’Eric Alvarez a écrits sur l’histoire de l’aménagement forestier au Québec . Dans un autre billet, il vous recommande fortement la lecture du livre Empire of the beetle: how human folly and a tiny bug are killing North America’s great forests  d’Andrew Nikiforuk. Eric consacre son dernier billet aux tenures forestières et aux nations autochtones en Colombie-Britannique .

Sur le blogue Arthropod Ecology  de Christopher Buddle vous pourrez lire le premier billet  d’une série dédiée à la présentation des membres de son laboratoire. Sur son blogue Expiscor , vous apprendrez de quoi ont peur les araignées  et la vérité sur les morsures d’araignées . De plus, vous pourrez voir de merveilleux sacs à œufs d’araignées  dans une gallerie photos qui leur est consacrée. Christopher a aussi posé des questions à un chercheur australien pour savoir comment il étudie les effet de l’urbanisation sur les araignées . Vous pourrez aussi lire sur son blogue dix faits intéressants sur le pic à tête rouge  et sur les staphylinidés .


25 septembre 2014

MIXFOR : L'école d'été du réseau NFZ sur l’interaction entre les espèces en forêt mixtes.
Texte par Olivier Martin

Chaque année le réseau de recherche NFZ (Nancy Friebur Zurich) organise une école d'été en foresterie et écologie des forêt sur des sujets divers. Ce réseau rassemble un grand nombre de scientifiques d'organismes de recherches ou d'universités de France, d'Allemagne et de Suisse. Situé au cœur de l’Europe de l'ouest, où les forêts forment une partie importante du paysage, ce réseau à pour but de travailler sur la compréhension des mécanismes impliquant des changements sur ces écosystèmes . Leurs objectifs globaux sont donc de prévoir des scénarios de réponse, de proposer des méthodes d'aménagements durables et de quantifier les risques associés aux changements globaux.

Cette année, l’école d'été s'est déroulée du 25 au 29 août à l'INRA de Champenoux proche de la ville de Nancy dans l'est de la France. La thématique globale était l'interaction entre espèces dans les forêts mixtes. Les étudiants présents à l'école venant d’horizon divers et variés, des concepts de base de physiologie des plantes et des arbres ont été abordés dans plusieurs conférences. Plusieurs chercheurs ont alors données des cours d'hydraulique et des réponses physiologiques et morphologiques des arbres à l'environnement.

Après avoir posé ces prérequis, les intervenants ont décrit en détail les questionnements actuels quant aux avantages et aux inconvénients de la mixité des forêt par rapport aux monocultures en terme de services écosystémiques et d'aménagement. Au travers de nombreux exemples, sur des sites expérimentaux en Europe, en Amérique du sud ou en Australie les conférenciers ont présentés leurs résultats les plus récents sur des études comparées entre peuplements monospécifiques et mixtes. Des cas d'étude tel que le mélange Eucalyptus/Acacia au Brésil et en Australie ou encore le mélange Hêtre/Chêne en Europe ont été détaillés et ont permis d'illustrer de façon claire les bénéfices sur la productivité des cultures mixtes. Les concepts de complémentarité de traits fonctionnels et de niches écologiques expliquant les relations positives souvent observées entre services écosystémiques et diversité des peuplements ont alors été discutés. « l’hypothèse du gradient de stress » stipulant que plus les stress environnementaux sont important plus la facilitation entre espèces est grande a put être vérifiée et discutée grâce à plusieurs études présentées. Par ailleurs, les limites de notre compréhension des interactions entre les espèces (facilitation/compétition), lorsque les peuplements se complexifient (plus grande diversité) et lorsque les conditions environnementales changent, ont également été au cœur des cours que nous avons suivi et des discussion qui en ont résultés.

Toute une journée a été dédiée à la présentation d'outils de modélisation. L’intérêt et la puissance des modèles basés sur des processus pour comprendre le rôle de la diversité sur le fonctionnement des écosystèmes et sur l’écologie des communautés a été abordé au travers d'exemples sur les forets mixtes. Par ailleurs, la puissance prédictive de ces outils dans un contexte de réponse des forêts mixtes aux changements climatiques à également été illustrée.

Dans un contexte plus appliqué, nous avons suivi un cour sur les liens entre qualité du bois et mixité des peuplement. Nous avons pu constater des résultats concrets sur des méthodes d’aménagement de forêts mixtes en Europe et leurs bénéfices sur la qualité du bois et la régénération naturelle.

Deux sorties sur le terrain nous ont permis de prendre l'air et de découvrir les forêts de Lorraine. Un site expérimental sur un gradient de mixité (Érable/Hêtre) et de densité nous a été présenté dans la forêt de Haye. Nous avons également visité un site d'agro-foresterie sur lequel l'INRA étudie l'interaction entre un peuplier et la luzerne, une plante fixatrice d'azote cultivée pour le fourrage. Finalement, nous avons fait une sortie dans la forêt naturelle mixte de Hesse où l'INRA a installé une tour à flux de 35m de haut permettant de mesurer les échanges gazeux (CO2, H2O ...) entre la forêt et l’atmosphère.

D'un point de vue pratique, l'organisation de l’école a été très bien mené, les cours ont été agencés de façon à ce que les connaissances apportées se complètent et donnent les pré-requis aux cours suivantes. Le cadre de travail de l'INRA de Champenoux était très agréables. La proximité des étudiants avec les chercheurs invités et organisateurs a permis beaucoup d’échange intéressant. De plus, le fait que la classe était relativement petite (une vingtaine d'étudiant) a permis une ambiance bon enfant entre tous les participants. Pour finir, L'INRA nous a invité à un repas dans un restaurant dans le centre ville de Nancy où carpaccio, saumon, fromages de qualité et… vin, étaient au rendez vous.

En résumé, cette école a été très enrichissante et m'as permis, en plus d’acquérir un grand nombre de connaissances, d'avoir un vision d'ensemble sur cette thématique proche de mon sujet et de m'ouvrir l'esprit pour la suite de mon projet. Un 10/10 pour cette école d'été réussi et appréciée à l'unanimité par les participants. Un grand merci au cef et à mon directeur de recherche Robert Schneider de m'avoir permis d'y participer et merci à Damien Bonal et Nicolas Marron pour l'organisation de l’école.

12 septembre 2014

Symbiose entre chercheurs et entrepreneurs au Colloque sur les champignons forestiers et autres PFNL
Texte Natacha Fontaine et photos par Marie-Claude Gagnon

Les 27 et 28 août 2014 a eu lieu Le Colloque sur les champignons forestiers et autres PFNL: Innovations et perspectives à La Pocatière. Organisé conjointement par le Centre d’étude de la forêt (CEF) et Biopterre-Centre de développement des bioproduits, l’événement a connu un vif succès. Plus de 150 participants venus de tous les coins du Québec, des autres provinces canadiennes, des États-Unis et de l’Europe se sont déplacés pour assister aux conférences.

Le Colloque s’adressait autant aux chercheurs qu'aux entrepreneurs, ce qui a donné lieu à des présentations variées et des échanges enrichissants. Plusieurs thèmes ont été abordés : développement de la filière, le mycotourisme, le développement territorial, la culture des champignons et des autres PFNL, les extractibles, les applications innovantes et la gestion de la ressource mycologique. Les participants avaient le choix entre deux visites terrains. La première consistait en une marche dans le Sentier d’interprétation des champignons et de la flore forestière à la Pourvoirie des Trois Lacs puis à une succession de stations dédiées à la présentation de projets de recherche, tandis que la deuxième visite était un tour guidé d’attraits incontournables de la région du Kamouraska avec un guide interprète. Le colloque se terminait avec une plénière sur les défis et opportunités du développement de la filière des champignons et autres PFNL qui a soulevé beaucoup de passions.

En plus des journées très occupées, une atmosphère plus détendue attendait les participants au cocktail et au souper gastronomique en soirée. D’abord, un cocktail agrémenté par la présence de musicien a permis au participant de découvrir la bière Chaga et le gin Ungava. C’était aussi le moment pour les présentateurs d'affiches de parler de leur projet. Après cet apéro, un délicieux souper gastronomique aux saveurs forestières a été servi:

  1. Panaché de mesclun forestier et roquette accompagné du croûton à la Tomme du Kamouraska garni de sa duxelles de champignons forestiers
  2. Velouté de pommes de terre douces au gingembre sauvage, parfum de cari et coco
  3. Tataki d’agneau sauce rémoulade accompagné de son flanc des sous-bois
  4. Ragoût de pétoncles aux champignons forestiers et son escorte de julienne de betterave à l’huile d’olive de L’Armada Marchande
  5. Mille-feuille de champignons forestiers à la florentine et sa salsa de salicorne de l’estuaire du Saint-Laurent
  6. Granité à l’églantier
  7. Assiette de fromages du Bas-Saint-Laurent accompagnée de noix nordiques du Jardin des noix et son croustillant aux amandes
  8. Panna cotta au thé du Labrador au chocolat blanc et canneberge sauvage

La nourriture était originale et exquise. Il y a même un chercheur américain qui a déclaré que c'était le colloque où il avait le mieux mangé de sa vie.

Après ce colloque rempli de découvertes, d'idées audacieuses et de projets novateurs, les participants sont repartis avec une énergie nouvelle pour développer cette filière qui n'attend qu'un souffle pour prendre son plein envol au Québec.

Les présentations des conférenciers peuvent être consultées sur le site de Mycotourisme au Kamouraska .


12 septembre 2014

Plus de mille personnes au congrès international sur les interactions moléculaires entre les plantes et les micro-organismes!
Texte et photos par Marine Vautier

Le congrès international des interactions moléculaires entre les plantes et les micro-organismes a lieu tous les deux ans dans un pays différent. Cette année, il s’est déroulé du 5 au 10 juillet sur une île grecque située en mer Égée à seulement quelques kilomètres de la Turquie, l’île de Rhodes. Le « Rodos palace hotel » nous a accueillis pour cet évènement de grande envergure qui a rassemblé plus d’un millier de scientifiques de 56 nationalités différentes. Le programme était chargé, avec 232 présentations orales et 755 présentations d’affiches, le tout réparti sur 5 jours, de 9h à 21h, avec tout de même quelques périodes de pause !


Ancien emplacement du Collosse de Rhodes,
sixième merveille du Monde antique,
île de Rodes, Grèce

Les interactions moléculaires des plantes avec les micro-organismes phytopathogènes (champignons, bactéries et virus) étaient bien sûr au centre de l’attention. Il a été présenté les dernières avancées concernant la signalisation cellulaire lors de la réponse de défense de la plante, notamment les mécanismes de reconnaissance de l’agent pathogène et de transduction du signal de stress, mais aussi le rôle de phytohormones, de métabolites secondaires ou encore de la mort cellulaire programmée dans la réponse de défense. Également, les mécanismes mis en place par les agents pathogènes pour contourner les défenses de la plante, que ce soit par la production de toxines, de phytohormones ou encore d’effecteurs. Les dernières études sur les interactions symbiotiques ainsi que celles sur le microbiome végétal étaient aussi présentées. Différentes approches ont été mises en avant, comme par exemple l’épigénétique, qui ne s’intéresse pas aux gènes en tant que tels, mais à la régulation de leur expression, ou encore les approches à large échelle, que ce soit la génomique, la transcriptomique, la protéomique ou encore la phospho-protéomique, qui s’intéressent à l’étude de l’ensemble des gènes, transcrits, protéines ou protéines phosphorylées, dans des conditions données. Des recherches plus appliquées ont également été présentées, elles s’intéressaient aux nouveaux outils de diagnostic et de contrôle de maladies à fort impact économique, ainsi qu’à des applications biotechnologiques possibles.


Acropole de Lindos, île de Rodes, Grèce

Comme toujours dans ce domaine de recherche, les arbres n’ont représenté qu’une infime partie des organismes étudiés. Seules deux présentations orales et une dizaine d’affiches. La grande majorité des études sur les arbres s’intéressaient au peuplier, en effet, c’est le premier arbre dont le génome a été séquencé et qui a donc maintenant une bonne annotation de son génome, outil facilitant grandement la plupart des études en biologie moléculaire. J’ai moi-même présenté une partie de mes résultats de doctorat sous la forme d’une affiche. Il s’agit de l’étude du rôle d’un facteur de transcription à doigts de zinc de la famille Cys2/His2 dans la réponse de défense du peuplier. Que l’on s’intéresse aux plantes annuelles ou vivaces, les problématiques et les méthodes utilisées sont les mêmes, j’ai donc eu des retours très constructifs sur mon travail et ai pu m’inspirer de nombreux autres travaux très pertinents.


Plage de Tsambika, île de Rhodes, Grèce

Bien évidemment, on ne peut pas aller sur l’île de Rhodes sans profiter de toutes ses merveilles et de son patrimoine culturel extrêmement riche! Il s’agit d’une île qui a une histoire vieille de 3500 ans. Elle a abrité le fameux colosse de Rhodes, sixième merveille du monde antique, qui a été détruit en -226 par un tremblement de terre. La ville de Rodes possède une vieille-ville médiévale fortifiée tout simplement envoutante dans laquelle on peut se perdre pendant des heures, et qui a été déclarée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Un peu partout sur l’île il subsiste des châteaux, des temples, des monastères et des acropoles de toutes les époques et que l’on peut visiter. L’île en elle-même est superbe, avec des plages de galets et de sable fin toutes très différentes, mais également en son centre des montagnes sauvages culminant à plus de 1200 mètres, et bien sûr, une météo au beau fixe. Sans parler de la nourriture divine…

Je tiens à remercier sincèrement le CEF, mon directeur de doctorat, Louis Bernier, ainsi que mon codirecteur, Armand Séguin, qui m’ont permis de participer à ce congrès de haut niveau, traitant exactement de mon domaine de recherche et qui m’a permis de m’enrichir d’un point de vue scientifique mais également culturel.

Vous pouvez consulter l’ensemble des résumés des présentations du congrès .


21 août 2014

From Oceans to Mountains: It’s all ecology – 99th Annual meeting of Ecological Society of America
Texte par Dinesh Babu Irulappa Pillai Vijayakum

Sacramento, a city consisting of 175,000 people and the State capital of California, was the place for the 99th Annual meeting of Ecological Society of America (ESA). Sacramento is also at a hub of California’s extensive and diverse agricultural economy. This city had a few trees in the past, but today it is well known as the “tree city” with the largest urban forest in the U.S., planting 30,000 new trees since a couple of years. The meeting was held during the 10th - 15th of August 2014.

The plenary sessions was inaugurated on the 10th of August by a keynote speaker, Dr. Margaret “Meg” Caldwell, Director, Environmental and Natural Resources Law & Policy Program, Executive Director, Center for Ocean Solutions, Woods Institute for the Environment, with his talk entitled on “Living in a world where 1+1=4: aligning the law, science, and practice of multiple stressors in marine ecosystems”, followed by welcome reception. The conference was organized in parallel oral sessions from August 11 to 15. The five days program covered wider ranges of topics across all ecosystems in ecology from oceans and coastal to Mountains ecosystems. It also covered the third National climate assessment report related to the impacts of climate change on ecosystems from Mountains to Coasts in North America, biogeochemistry, aquatic ecology, community pattern and dynamics, trophic dynamics and interactions, remote sensing, disease and epidemiology, understanding climate, disturbance and forest dynamics and ecosystem stability and resilience. There were ignite sessions, presentations were meant to “ignite” the audience on a specific subject and workshops to convey specific knowledge of skills, ‘hands-on’ training. The special events include panel discussions, open discussions, lectures and film shows.

I presented on August 14, 2014 in an organized oral session. The topic of the presentation was “Impact of intense early 20th century fire activity on boreal forest composition in eastern Canada”, which was about modelling species communities, disturbance, ecosystem succession. From the results of my research, I was able to convince audience that the burn rates were higher in the early 20th century as compared to the late 20th century. Across North America, there is misconception with scientific community that burn rates were quite double in the late 20th century.

ESA students sections had organized special social events in the late evening with particular organizations. The Union of Concerned Scientists is a non-for-profit science advocacy organization, working on how to transfer science into policy and decision making. National Ecological Observatory Network, is a continental-scale observatory that measures the causes and effects of climate change, land use change and invasive species on the U.S. ecosystems and they provide data, educational resources and scientific infrastructure for research. The National Socio-Environmental Synthesis Center is devoted to solving society’s most challenging and complex environmental problems, trans-disciplinary research center, bring together different disciplines and stakeholders to increase knowledge on the complex interactions between human and ecological systems. These social events provided me the information about opportunities for PhD level researchers with them.

Through this conference, scientific knowledge on interactions among climate, disturbance, and forest dynamics from regional to tree scales were explored and discussed. The knowledge is useful because it is relevant to current and projected forest dynamics, above ground and below ground interactions, soil biogeochemistry, carbon and nitrogen cycle in response to global change. The formal and information discussion with graduate students, professors and other subject expect profession were fascinating and very useful to enhance my ongoing PhD research. I thank Centre d’Etude de la Foret (CEF) and Prof. Frédéric Raulier for travel grant to participate in this high standard international conference.


4 août 2014

Fungal Biology from the Integrated Perspective of Molecular Mechanisms, Systems and Evolution, Holderness , New Hampshire
Texte par Martha Nigg

Les « Gordon Research Conferences » sont une organisation à buts non lucratifs qui met en place des forums internationaux pour la présentation et la discussion autour de recherches non publiées (« frontier research ») en biologie, chimie, sciences physique, etc.

Le meeting sur la biologie moléculaire et cellulaire des champignons a eu lieu du 15 au 20 juin 2014 et se déroulait à Holderness, dans le New Hampshire (USA). Cet évènement était présidé par Jennifer Lodge (Washington University School of Medicine) et James B. Anderson (University of Toronto). La totalité de la rencontre a eu lieu dans l’école secondaire privée d’Holderness, offrant un environnement convivial et verdoyant à la centaine de participants venue d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie.

Avec dix présentations par jour réparties en deux sessions, une en matinée et une en soirée, une panoplie de thèmes a été abordée au cours des 5 jours de conférences, allant des régulations moléculaires impliquées dans les interactions hôte-pathogène/symbionte à la biologie des systèmes et la génomique des populations. De plus, une quarantaine de posters a été présentée par des étudiants à la maîtrise, au doctorat et des post-doctorants durant quatre sessions de deux heures dans une ambiance décontractée, favorisant le partage d’expériences, des discussions sur des sujets variés ainsi que des rencontres.

En dehors des heures de conférences, des activités récréatives étaient organisées, tel que des sorties en kayak, parties de tennis et volleyball, des randonnées et des soirées autour de tables de billard, ping-pong et babyfoot.

En résumé : un public restreint, de la science de haut niveau, du plaisir, des rencontres et un lieu très agréable… Un cocktail gagnant. Rendez-vous dans deux ans!


31 juillet 2014

Photoroman d'une semaine passée sur le terrain en pessière à mousse
Texte et photos par Melanie Desrochers, Henry Ziegler et Kamil Pilch


Presbytère de Villebois, camp de base du CEF

Pendant une semaine, j'ai eu la chance de faire du terrain en pessière à mousse, plus précisément à 125 km au nord de Villebois (Nord-du-Québec). Avec comme mission de carotter des cèdres (Thuya occidentalis) et des épinettes noires (Picea mariana), afin de compléter la cueillette de données pour un projet de recherche d'Isabelle Visnadi, sous la direction d'Yves Bergeron.

Suivez donc les aventures de Mel, d'Henry-le-belge-à-la-peau-sensible-face-aux-mouches-noires- et de Kamil, le polonais très ému d'habiter dans un presbytère paré d'une photo du pape Jean-Paul II!


31 juillet 2014

Résumé du cours d'été d'acarologie 2014
Texte par Laurent Rousseau

Ohio State University, Columbus, Ohio, USA: 9 - 27 Juin 2014


"Peacock mites" (TUCKERELIDAE, PROSTIGMATA)

Dans l'optique de la réalisation et du succès de mon doctorat, j'ai réalisé durant 3 semaines en juin dernier une formation en acarologie du sol i.e. l'étude du groupe mésofaunistique des acariens (Arthropodes Arachnides) délivrée par l'Université d'État de l'Ohio (OSU) et ouvert à tous les étudiants internationaux, professionnels de recherche et passionnés d'entomologie souhaitant se spécialiser dans l'étude taxonomique et écologique de ces organismes. Aucune connaissance entomologique ni taxonomique des acariens n'est requise pour y assister même si une sélection des étudiants est réalisée en fonction de l'importance relative de leurs besoins professionnels afin de limiter le nombre d'étudiants qui fut cette année de 20. Nous avons ainsi travaillé durant 3 semaines tous les jours de la semaine (sauf le dimanche matin) de 8h à 20h sur ce grand groupe qui se divise en 2 superordres déterminés par des critères morphologiques et génétiques :

  • Les Acariformes composés des ordres des Trombidiformes (sous-ordres des Actinedida (ou Prostigmata) et Sphaerolichida) et des Sarcopteriformes (sous-ordres des Endeostigmata, Oribatida (ou Cryptostigmata) et des Acaridida (ou Astigmata))
  • Les Parasitiformes composés des Opilioacarida (ou Notostigmata), des Ixodida (ou Metastigmata) des Gamasida (ou Mesostigmata) et des Holothyrida (ou Tetrastigmata).

Le cours fut donné dans une grande salle équipée de microscopes, de loupes binoculaires et de tout le matériel nécessaire à la préparation de spécimens sur lame de microscope, indispensable pour l'identification des taxons. Lire la suite... 

19 juin 2014

Climate modelling and emission scenarios: tools for predicting future fire weather and fire potential for the boreal forest of Quebec
Texte par Yosune Miquelajauregui

Climate models are scientific tools that attempt to represent the most important processes that influence climate on Earth. They are based on principles of physics, chemistry and biology and are used to better understand how the climate system works. To model into the future, climate models need to have information about possible emission scenarios. An emission scenario gives us information about what the future climate might look like depending on human choices. Two approaches to emission scenarios are defined by the IPCC: 1) Special Report of Emission Scenarios (SRES), and 2) the Representative Concentration Pathway (RCP’s, Fig. 1).

The SRES were created by estimating greenhouse gas emissions for a range of possible socio-economic changes in the future (i.e. demographics, energy resources, technology). The Representative Concentration Pathways (RCP’s) are the third and most recent generation of scenarios defined by the IPCC Fifth Assessment Report (AR5). The RCP’s scenarios define a condition in terms of the radiative forcing (i.e. difference of radiant energy received and the energy radiated back to space) for the Earth in the year 2100, and determine a representative concentration pathway or emission trajectory that will lead us there. There are four pathways: RCP 8.5, 6, 4.5 and 3 W/m2. Distinctly from the previously used SRES scenarios, the RCP’s are not linked to any “story” based on socioeconomic factors. The RCP’s provide information on how much and what type of energy might be added to the climatic system by 2100, compared to the pre-industrial levels, to get to the defined “endpoint” (Fig.1).


Figure 1. RCP database screenshot showing the global radiative forcing (W/m2) from greenhouse gases for each of the four representative concentration pathways.
Source: RCP Database1

This spring 2014 and as part of the program of scholarships offered by the CEF, I had the opportunity to do an internship at the ECO-MCS lab  at UQAM led by Dr. Changhui Peng. The main objectives for this internship were: 1) to better understand how climate models work, 2) to identify the main physical, chemical and biological processes represented in the climate models, 3) to determine the emission scenarios to use for projecting climatic variables, and 4) to use the outputs derived from the climatic models to calculate the components of the Canadian Forest Fire Weather Index (FWI).

Projected climatic variables (i.e. daily precipitation, humidity, temperature and wind speed) were generated under three RCP’s emission scenarios: RCP 8.5, RCP6 and RCP4.5 using the Coupled Model Intercomparison Project (CMIP5 ). The CMIP5 is an experimental protocol that integrates the results of 20 different coupled atmosphere-ocean general circulation models. Future fire weather conditions, evaluated using the FWI were estimated using the outputs derived from the CMIP5 for each emission scenario. Preliminary results show that increases in FWI are expected for the boreal forest of Quebec under the three emission scenarios evaluated (Fig 2). This is an on-going project and further statistical analysis still need to be made. It is important to understand and assess the impact of climate change on fire weather and future fire potential under a range of emission scenarios that take into account the uncertainty of human emissions in the future. Projections of future climate derived from climate models are a very useful tool to evaluate this effect. I want to thank the CEF for its financial support that helped me accomplishing the objectives of this internship!


Figure 2. Historical and projected fire weather index (FWI) for the black spruce moss domain of Quebec.
The Coupled Model Intercomparison Project (CMIP5) was used to project climatic variables under the RCP6 emission scenario.

1: RCP Database 

To know more:
Summary for Policymakers 
Global Warming 101 
Computer Climate Models 


19 juin 2014

Des étudiants en journalisme scientifique ont préparé des articles de vulgarisation après avoir assister aux séminaires d'étudiants en sciences forestières et en agroforesterie. Voici donc le dernier de six articles.

Des arbres et des cultures : pour des sols plus riches au Sénégal
Texte par Thomas Duchaine et photos par Diatta Marone
En Afrique, l’agroforesterie est pratiquée depuis des millénaires. Mais de nouveaux défis commandent aujourd’hui l’optimisation des pratiques afin de préserver et d’améliorer la fertilité des sols.


La zone des Niayes au Sénégal

Dans la zone des Niayes, au Sénégal, comme dans bien d’autres régions africaines densément peuplées, les besoins alimentaires croissants pressurisent les cultures. Associée aux changements climatiques, cette pression dégrade les sols. Or, les activités agroforestières sont au cœur de la subsistance des populations de la région et ces activités ont besoin de sols suffisamment riches en éléments nutritifs pour perdurer.

« L’agroforesterie est intéressante, parce qu’elle permet d’intégrer les arbres et les cultures annuelles, ce qui produit des avantages réciproques », affirme Diatta Marone, chercheur au doctorat en sciences forestières à l’Université Laval. En plus de leur litière qui enrichit le sol en matière organique, les arbres font remonter des éléments nutritifs et de l’humidité des profondeurs de la terre pour les cultures annuelles en surface. « Il s’agit donc d’éviter la concurrence entre les arbres et les cultures, ou de la contrôler, pour que les nutriments des profondeurs profitent aux couches superficielles », souligne M. Marone.

L’intérêt du carbone


Un parc arboré dans les Niayes

Dans les Niayes, comme dans toute l’Afrique sahélienne, le potentiel de stockage de carbone des différentes pratiques agroforestières est mal connu. « Mon travail c’est de voir, parmi les espèces d’arbres communément sélectionnées par les exploitants, quelles sont celles qui stockent le plus de carbone selon la pratique et le sol », explique le chercheur.

Pourquoi le carbone ? « Parce qu’il rime avec matière organique », répond Diatta Marone. La matière organique emmagasine des éléments nutritifs en plus de structurer les sols, permettant ainsi aux plantes de se nourrir, de puiser de l’eau et d’assurer leur photosynthèse.

En plus de cinq essences d’arbres, il a retenu trois pratiques agroforestières et trois types de sol pour identifier les combinaisons les plus aptes à relever la fertilité des sols.

C’est par l’étude des traits fonctionnels que Diatta Marone a mesuré la performance des espèces retenues. « Les traits fonctionnels, comme la distribution en profondeur des racines ou le contenu en matière sèche des feuilles par exemple, peuvent aussi renseigner sur le comportement des espèces face aux changements environnementaux », ajoute-t-il.

Trois volets; des premières tendances


Le chercheur à l'oeuvre

Diatta Marone a d’abord évalué la capacité de stockage de carbone de chaque espèce selon la pratique agroforestière, et les sols, ainsi que le stockage de carbone des pratiques selon les sols. Le chercheur a découvert que les espèces Acacia raddiana et Faidherbia albida ainsi que la pratique de la jachère accumulaient plus de carbone, et ce, peu importe le type de sol.

En observant les traits fonctionnels des espèces, il a ensuite dégagé une tendance. « En saison sèche, la longueur spécifique des racines était beaucoup plus importante qu’en saison des pluies », raconte M. Marone. Les nutriments du sol deviennent plus rares, et les racines ont tendance à aller prospecter plus loin pour trouver des nutriments.


Une jachère dans les Niayes

Finalement, le chercheur a étudié la distribution en profondeur des racines (RDD) pour chaque espèce, toujours selon la pratique agroforestière et le type de sol. « Ce sont Acacia radionna et Neocarya macrophylla, qui ne perdent pas leurs feuilles, qui développent le plus de biomasse racinaire et ce, entre 40 et 60 cm de profondeur », explique-t-il. « Le stockage de carbone doit être plus important à cette profondeur. Cependant, j’ai fait une nouvelle découverte concernant Faidherbia (albida) », s’enthousiasme le chercheur. Il a observé que la RDD augmente avec la profondeur chez cet arbre. Pourquoi ? « En faisant des recherches dans la documentation, j’ai réalisé que cette espèce cherche à atteindre les nappes phréatiques, et ce, peu importe leur profondeur », explique M. Marone. Il admet qu’il devra faire plus de recherche pour mieux comprendre ce comportement.

Vers une optimisation de l’agroforesterie dans les Niayes?
Selon Diatta Marone, ses travaux pourront éventuellement servir aux populations locales de son pays. « Comme la jachère stocke le plus de carbone et que Acacia raddiana et Faidherbia albida aussi, leur combinaison pourrait permettre de mieux contrer la dégradation des sols », souligne-t-il. « Dans mon schéma, on pourrait envisager des jachères de 5 ans. D’habitude, une jachère c’est au moins 15 ans », conclut Diatta Marone.



11 juin 2014

Des étudiants en journalisme scientifique ont préparé des articles de vulgarisation après avoir assister aux séminaires d'étudiants en sciences forestières et en agroforesterie. Voici donc le cinquième de six articles.

Haies brise-vent : une amère prime verte?
Texte par Myriam Laplante El Haili et photo par Prince Willaire Kanga
La solution qu’a trouvée le gouvernement pour réparer les désastres environnementaux causés par l’agriculture intensive depuis les 50 dernières années au Québec risque de fonctionner, mais aux dépens des agriculteurs.


Haie brise-vent protégeant un animal en pâturage à La Pocatière

Selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), l’agriculture émet 8% des gaz à effet de serre du Québec. Le gouvernement a mis en place en 2009 des programmes dits agroenvironnementaux pour diffuser et promouvoir auprès des agriculteurs des pratiques de production respectueuses de l’environnement. Avec le programme Prime-Vert, le MAPAQ offre gratuitement des arbres aux agriculteurs et finance à 70% les coûts liés à la plantation de haies brise-vent et bandes riveraines. En théorie le programme aide bel et bien les agriculteurs, mais concrètement, que donnent ces nouveaux aménagements?

C’est ce qu’est allé évaluer l’étudiant chercheur en agroforesterie, Prince Willaire Kanga de l’Université Laval, dans la région de La Pocatière dans le Bas-St-Laurent. En trois mois de stage chez Biopterre, un OBNL spécialisé dans le développement de produits issus de l’agriculture et de l’agroforesterie, M. Kanga a interviewé 23 agriculteurs. Il a ainsi pu amasser des données socio-économiques, telles que le niveau de scolarité des agriculteurs ou le nombre d’enfants qu’ils ont, afin d’évaluer si ces facteurs influencent la décision d’adopter ou non des haies brise-vent et des bandes riveraines sur leurs terres.

Haies brise-vent et bandes riveraines : à quoi servent-elles ?
On a tous déjà vu des haies brise-vent et bandes riveraines en ville comme à la campagne. Elles sont constituées d’arbres alignés qui entourent un champ, qui bordent une route ou qui cernent les pâturages afin de les protéger du vent, du sable et de la poussière. Les bandes riveraines, ceintures de végétation qui bordent un plan d’eau, retiennent et dégradent les pesticides et engrais qui polluent l’eau et l’atmosphère. Ces deux systèmes agroforestiers offrent de nombreux avantages : protéger la biodiversité, améliorer la qualité de l’eau et stabiliser les berges. Mais ce n’est pas tout.

Avantages pour l’environnement
Au terme de son stage, M. Kanga a pu constater la popularité de ces systèmes dans le Bas-St-Laurent. Les agriculteurs adoptent effectivement les haies brise-vent et les bandes riveraines quand ils reçoivent du financement parce qu’elles permettent l’augmentation de la production végétale et animale. En effet, les arbres des haies et des bandes participent au maintien d’un écosystème. Par exemple, comme l’explique M. Kanga, « certains agriculteurs plantent des arbres qui attireront les abeilles pour avoir une meilleure pollinisation».

Les haies servent également aux animaux d’élevage, car elles peuvent être source de nourriture et créer un microclimat : elles procurent de l’ombre quand il fait trop chaud ou un refuge lorsqu’il vente beaucoup. Indirectement, les haies augmentent les rendements de production de viande et de lait.

Prince Willaire Kanga explique que les haies sont mêmes utiles à l’Homme puisqu’une ligne d’arbres devant sa maison permet de protéger non seulement la toiture de vents violents, mais également d’isoler la maison contre le froid et d’économiser sur les coûts de chauffage. Elles ont également un impact sur le bien-être psychologique des habitants de la région. M. Kanga rajoute que « les agriculteurs interviewés de La Pocatière sont d’ailleurs satisfaits de ces installations ».

Les difficultés des producteurs
M. Kanga a également pu se rendre compte des difficultés que pose le programme. D’abord, pour pouvoir accéder aux subventions, les producteurs doivent remplir ce qu’on appelle des écoconditionnalités. Par exemple, ils doivent souscrire au Plan d’accompagnement agroenvironnemental (PAA), qui les aide à poursuivre leurs avancées « vertes » et à les mettre en action. Néanmoins, ils se plaignent de la quantité de paperasse et du temps perdu à la remplir. D’ailleurs, le manque de temps, mais également d’argent, sont les deux contraintes qui semblent revenir le plus souvent.

Dépendamment du nombre d'arbres sur sa parcelle de terre, un producteur dépensera en moyenne 200 à 300$ par deux ans pour entretenir les arbres de la haie, en plus de devenir une charge supplémentaire dans le calendrier des agriculteurs déjà bien rempli. Il faut prévoir l’élagage des arbres, le désherbage, la protection contre les ravageurs et le remplacement de plants que l’agriculteur devra payer de sa poche. Les mieux nantis engageront une équipe d’entretien pour ne pas avoir à s’en occuper, mais le temps à y consacrer est long pour ceux qui ne peuvent se permettre un tel luxe.

Pour M. Kanga, il faudra terminer le traitement des données amassées à La Pocatière, afin de dresser un portrait exhaustif de la situation. Il pourra ainsi confirmer la tendance que le programme de subvention gouvernemental est efficace puisque les agriculteurs l’adoptent. Les haies brise-vent et les bandes riveraines feront parties intégrantes du paysage québécois dans les prochaines années.


5 juin 2014

Des étudiants en journalisme scientifique ont préparé des articles de vulgarisation après avoir assister aux séminaires d'étudiants en sciences forestières et en agroforesterie. Voici donc le quatrième de six articles.

La génétique contre la tordeuse du bourgeon de l’épinette
Texte par Maxime Giroux
Entre 2011 et 2012, la superficie des forêts québécoises affectée par la tordeuse du bourgeon de l’épinette a augmenté de plus de 35 %. La solution à ce fléau pourrait se trouver dans les gènes des arbres attaqués.

Lorsqu’ils font face à une maladie qui fait des ravages, la priorité des chercheurs est de l’étudier pour développer un traitement ou un médicament. Et si la solution existait déjà dans la nature et qu’il suffisait de l’exploiter ? Gaby Germanos, étudiant-chercheur à la maîtrise en foresterie à l’Université Laval, a suivi cette approche dans ses recherches sur un gène qui permettrait à l’épinette blanche de résister à la tordeuse, un insecte qui ravage les forêts nord-américaines.

Dans les plantations d’épinettes victimes de la tordeuse, les chercheurs ont observé des arbres ayant perdu très peu d’aiguilles comparativement aux autres, un signe qu’ils ont résisté à l’insecte. L’équipe d’Éric Bauce du Département des Sciences du Bois et de la Forêt à Université Laval a étudié cette résistance. Elle est provoquée par deux composés phénoliques, des molécules organiques présentes dans les aiguilles et qui permettent à l’arbre de se défendre. « Ces composés attaquent et endommagent le système digestif des tordeuses lorsque celles-ci les ingèrent », précise M. Germanos.

Un autre groupe mené par John MacKay de l’Université Laval a produit une puce à ADN qui a permis de détailler l’expression de 23 853 gènes de l’épinette blanche. Grâce à elle, les chercheurs ont identifié un gène de la famille β-glucosidase 40, qui s’exprime 773 fois plus dans les arbres résistants que les autres.

Dans son projet intitulé «Caractérisation d’un gène de résistance contre la tordeuse du bourgeon de l’épinette chez l’épinette blanche», Gaby Germanos s’est penché sur la séquence d’ADN de ce gène, les changements de son expression (voir encadré) durant l’année et la transmissibilité du gène aux jeunes arbres.

Pour étudier la structure du gène, M. Germanos a récolté des aiguilles sur 16 épinettes blanches âgées de 43 ans dans la plantation de Sainte-Cyrille-de-Wendover, près de Drummondville. Ces arbres ont subi une épidémie de la tordeuse entre 2000 et 2006, et la moitié des spécimens échantillonnés a résisté à cette attaque. Après avoir broyé les aiguilles pour extraire l’ARN (voir encadré), il a fait une transcription inverse pour obtenir de l’ADN complémentaire. Cet ADN complémentaire lui a ensuite permis d’obtenir par un processus subséquent de l’ADN génomique, c’est-à-dire celui que l’on retrouve dans les cellules. Sachant que le gène est présent dans toutes les épinettes blanches, l’objectif était de chercher une différence dans sa structure chez les arbres résistants.

ADN complémentaire: molécule synthétisée artificiellement à partir de l’ARN et représentant l’ADN duquel l’ARN est issu

ARN: molécule synthétisée dans les cellules à partir de l’ADN et permettant entre autres de produire des protéines

Expression d’un gène: l’ensemble des processus par lesquels l’information contenue dans le gène est utilisée pour produire des molécules comme l’ARN ou les protéines

Séquence promotrice: région de l’ADN située à proximité d’un gène et servant à la transcription de l’ADN en ARN

Transcription: processus biologique durant lequel les diverses régions de l’ADN sont copiées en molécules d’ARN

« Il n’a pas été possible de différencier les arbres résistants des autres en se basant sur la séquence codante », explique M. Germanos. La séquence codante est la partie du gène mobilisée pour synthétiser des protéines. Le gène β-glucosidase 40 donne la protéine impliquée dans la production de composés phénoliques. « On peut chercher ailleurs dans le gène », propose M. Germanos. « La différence se situe peut-être dans la séquence promotrice, en amont du gène. »

M. Germanos s’est aussi intéressé aux fluctuations saisonnières de l’expression du gène. Il a effectué sept prélèvements d’aiguilles tout au long de l’année sur 10 arbres de la plantation de Drummondville, dont cinq résistants. L’étude des transcrits des aiguilles, qui sont un indicateur du niveau d’expression des gènes, a permis d’établir une corrélation entre ce niveau d’expression et le cycle de vie de la tordeuse.

Pour étudier la transmissibilité du gène, M. Germanos a travaillé avec des graines (120 à 200 par arbre) récoltées en 2011 sur 8 arbres de la plantation, dont quatre résistants. Il a ensuite planté ces graines en juin 2012. Vers la mi-décembre de la même année, il a récolté une branche par semis afin d’en extraire l’ARN, comme il l’avait fait pour les arbres matures. Pour trois arbres-mères résistants sur quatre, le gène était plus exprimé chez leurs semis que chez les semis des arbres-mères non-résistants. « Le gène était en moyenne 18 fois plus exprimé, ce qui est moins que chez les arbres adultes », précise M. Germanos. « La tordeuse s’attaque principalement aux arbres matures », soumet-il comme explication. La régulation de l’expression du gène se transmet donc au moins en partie à la progéniture. « Il serait intéressant de connaître les caractéristiques des arbres-pères afin de mieux comprendre la transmissibilité du gène », explique M. Germanos.

Le chercheur a bon espoir que le gène pourra être utilisé pour lutter contre la tordeuse. Par contre, ses applications commerciales ne sont pas pour demain. « Il s’agit davantage de recherche exploratoire », explique l’étudiant-chercheur. D’autres gènes de l’épinette pourraient aussi jouer un rôle dans la résistance à la tordeuse.


5 juin 2014

The 15th North American Caribou Workshop, Whitehorse, YT
Texte par Sarah Bauduin et Chrystel Losier et photos par Sarah Bauduin

Le 15e North American Caribou Workshop s’est tenu du 12 au 16 mai 2014 à Whitehorse au Yukon, sur les terres des premières nations Kwanlin Dün et Ta’an Kwäch’än. Cette conférence qui a lieu tous les 2 ans avait comme thématique « Caribou Conservation and Management : What’s Working? ». L’objectif était ainsi de discuter des diverses approches qui ont été utilisées dans le but de protéger et de restaurer les diverses populations de caribou afin d’identifier les méthodes qui ont eu du succès et celles qui n’ont pas fonctionné. Ce congrès a réuni environ 350 participants, de nombreux biologistes, des gestionnaires et des communautés autochtones provenant du Canada (avec notamment une importante délégation québécoise), des États-Unis et de la Norvège.

Le congrès a tout d’abord débuté avec une journée d’atelier portant soit sur la photographie en nature, soit sur la prise de décisions structurées en conservation, soit sur la participation des communautés autochtones dans la conservation. L’évènement s’est poursuivi avec trois jours de présentations où les nombreux conférenciers nous ont partagé leur recherche. Les présentations étaient vraiment intéressantes et couvraient de nombreux sujets : gestion de populations, prise de décision, modélisation, génétique, sciences sociales, contrôle de prédateurs, impact du climat, impact de l’utilisation du paysage, etc. Chrystel a eu l’occasion de présenter ses résultats de maîtrise portant sur l’influence de la sélection de l’habitat sur la survie du caribou forestier dans la forêt boréale québécoise. Une fin d’après-midi était dédiée à une séance d’affiches où Sarah a pu présenter son travail sur la modélisation du mouvement du caribou de la Gaspésie. Finalement, le congrès s’est terminé par une journée de sortie sur le terrain où les invités ont pu choisir entre une visite du refuge animalier de Whitehorse, une descente en canoë de la rivière Yukon et un tour en avion pour une vue des montagnes de la chaîne côtière.

Ce congrès a été une très belle occasion pour discuter avec de nombreux expert travaillant sur le caribou, de rencontrer d’autres étudiants, et d’en apprendre plus sur la valeur culturelle et traditionnelle du caribou chez les communautés autochtones. L’organisation de la conférence était vraiment remarquable, tout autant que la nourriture et les divers évènements sociaux.

Nous tenons à remercier le CEF, le 15th North American Caribou Workshop ainsi que nos directeurs pour leur soutien financier pour nous avoir permis de nous rendre dans le Yukon, Larger than Nature!



29 mai 2014

Des étudiants en journalisme scientifique ont préparé des articles de vulgarisation après avoir assister aux séminaires d'étudiants en sciences forestières et en agroforesterie. Voici donc le troisième de six articles.

Une «technologie verte» pour restaurer les sites miniers?
Texte par Lou Sauvajon et photos par Martin Beaudoin Nadeau et Lou Sauvajon


Paysage de la mine Sigma Lamaque

Pour extraire l’or, l’industrie minière laisse des traces souvent problématiques pour l’environnement. Un étudiant en agroforesterie à l’Université Laval écrit son mémoire sur une technique pour restaurer les sites miniers dégradés.

Pour faire une bague en or, on estime que 20 tonnes de déchets sont rejetées. Dans le passé, une partie des résidus a souvent été laissée à l’abandon sur les sites miniers. Depuis 2009 au Québec, les entreprises minières sont obligées de restaurer les sites dégradés. Nettoyer et replanter de la végétation, c’est justement ce qu’étudie Martin Beaudoin Nadeau dans sa maîtrise en agroforesterie à l’Université Laval. Selon lui, faire interagir les plantes et les champignons dans ces milieux hostiles permettrait de favoriser la végétalisation des sites miniers.


Petit plant d’épinette blanche poussant sur des résidus miniers

Un milieu peu propice à la vie
La mine Sigma Lamaque à Val d’ Or est devenue le terrain de recherche de Martin Beaudoin Nadeau depuis que la compagnie White Tiger Gold a fermé le site en 2012. L’entreprise doit restaurer 150 hectares de terres quasi désertiques. Dans cette mine, la roche extraite du sol était traitée au cyanure pour séparer l’or. Les résidus obtenus transitaient par des bassins en attendant leur décontamination ; ils étaient ensuite entassés sur le terrain. Aujourd’hui, la mine présente des collines de roches à perte de vue où la végétation peine à pousser.

C’est sur ce paysage lunaire que Martin Beaudoin Nadeau fait des recherches pour son mémoire de maitrise. Dans des sols appauvris comme celui-ci, les plantes peinent à trouver les éléments nutritifs nécessaires à leur survie. Une des rares plantes persistantes est l’épinette blanche. Pourquoi ? Martin Beaudoin Nadeau pense que cette espèce réussit à pousser et à survivre en coopérant avec certains champignons.


Vue microscopique d’une ectomycorhize: symbiose
de l’épinette blanche avec un champignon

Coopérer pour que la vie prenne racine
D’où l’idée, pour le chercheur, de se servir de ce processus naturel de symbiose pour faciliter la végétalisation du site. La symbiose c’est une association intime et durable de deux organismes qui en retirent chacun des bénéfices explique Martin Beaudoin Nadeau.

«Les champignons pénètrent les racines et entourent les cellules végétales», précise Yves Piché, professeur en mycologie à l’Université Laval. Cette proximité permet aux organismes de faire des échanges. L’association est appelée ectomycorhize : «myco» qui veut dire champignon, «rhize» pour racine. Le champignon devient en quelque sorte le prolongement du réseau de racines. Il puise des éléments nutritifs présents dans le sol, mais peu accessibles à la plante. «Les filaments des champignons vont chercher les minéraux dans la roche et l’eau du sol, puis les transfèrent aux racines. L’arbre de son côté tire l’énergie du soleil et la transforme en sucres, par photosynthèse», explique Martin Beaudoin Nadeau. Ces sucres sont une source d’énergie pour la plante et profitent également aux champignons. Les deux espèces s’entretiennent et se nourrissent.


Expériences sous serre

Un modèle avantageux pour l’environnement
Dans le but de développer une nouvelle «technologie verte», Martin Beaudoin Nadeau a prélevé des champignons sur place et fait des expériences sous serre. Il cherche à sélectionner les champignons qui seraient les plus bénéfiques à la croissance de l’épinette blanche. Actuellement en train d’analyser les résultats obtenus, il espère trouver une association qui aiderait les arbres à pousser et pourrait accélérer la recolonisation du site.

La technique la plus couramment utilisée pour la revégétalisation des sols miniers (aujourd’hui au Canada) consiste à recouvrir les résidus avec un sol riche en minéraux, puis de réintroduire des plantes. Martin Beaudoin Nadeau propose de replanter des épinettes blanches en symbiose directement sur les résidus.

Cette technique permettrait de reconstituer le sol de manière plus naturelle. Par exemple, lorsque les aiguilles tombent, cela apporte de la matière organique au sol. Cette matière organique est ensuite recyclée par les organismes du sol pour former des minéraux. Le sol s’enrichit ainsi progressivement sans apports extérieurs. D’autres espèces végétales pourront pousser par la suite, reconstituant ainsi l’ensemble de l’écosystème.

«C’est une technologie verte qui imite les procédés naturels pour essayer de ramener un écosystème comme il était auparavant», explique Martin Beaudoin Nadeau. D’après lui cette technologie, non seulement plus rapide et plus respectueuse de l’environnement, pourrait également diminuer les coûts de restauration des sites miniers. Ces avantages sont susceptibles d’intéresser les compagnies minières, mais également le gouvernement québécois. Ce dernier est responsable d’une soixantaine de sites orphelins abandonnés par l’industrie avant les réformes minières de 2009 et de 2013. Le coût de leur restauration est estimé à 1,2 milliard de dollars, aux frais des contribuables.


21 mai 2014

Des étudiants en journalisme scientifique ont préparé des articles de vulgarisation après avoir assister aux séminaires d'étudiants en sciences forestières et en agroforesterie. Voici donc le deuxième de six articles.

Épinettes à déménager
Texte par Dominique Brunet-Vaudrin
Les chercheurs prévoient que d’ici 2100, les épinettes blanches dépériront dans 20 % du territoire où on les retrouve aujourd’hui. La hausse de température annoncée, de 2 à 5 degrés Celsius, en serait la cause. Les épinettes auront littéralement trop chaud.

Les épinettes blanches migrent pour fuir des conditions défavorables à leur survie depuis des millénaires. Même s’il est difficile d’imaginer ces grands conifères aux aiguilles odorantes se déplacer, le procédé ne relève pas de la science-fiction! L’espèce disperse les graines contenues dans ses cocottes un peu plus au nord chaque année pour se rapprocher d’un climat propice à sa croissance. Mais ce déplacement est lent. « Les changements climatiques surviennent trop rapidement pour que les épinettes blanches s’adaptent », explique Isabelle Villeneuve, étudiante à la maîtrise en foresterie à l’Université Laval.

« L’épinette blanche a une grande importance dans le domaine de la foresterie au Québec », souligne la chercheuse. Elle compte pour 21 % des arbres utilisés pour reboiser les zones d’exploitation forestière. Considérée comme une essence de qualité, elle est très prisée pour la fabrication de pâte à papier et de bois d’œuvre. L’adaptation de l’épinette blanche aux changements climatiques, en plus d’être un problème écologique, représente donc un enjeu économique de taille. La migration assistée de l’espèce semble une stratégie potentielle pour pallier cette situation.

Cette technique consiste à déplacer les populations d’arbres vers un endroit où le climat deviendra probablement plus favorable à leur productivité. Des semences d’une région précise sont plantées en pépinières et entretenues dans des conditions optimales pendant au moins deux ans afin de produire des plants en santé. Les conifères sont ensuite transférés en forêt dans un environnement possiblement plus adapté à leur survie que celui dont ils proviennent.


25 000 plants d’épinettes ont été produits pour
l’étude d’Isabelle Villeneuve sur la migration
assistée. Elle en a analysés des centaines sur
une période de deux ans.

Pour augmenter les chances de réussite, il faut s’assurer de choisir les meilleures semences. Selon la chercheuse, celles qui proviennent du sud du Québec semblent un choix judicieux. Elle a analysé des centaines de plants provenant de huit sources génétiques différentes pour conclure que les semences méridionales affichaient une croissance d’au moins 6 % supérieure à celle des autres régions après deux ans de croissance. « Utiliser les semences du sud pour reboiser les zones au nord de la province pourrait permettre un bon taux de survie et une bonne performance des plants déplacés », soutient la chercheuse. « Les conditions futures des régions nordiques risquent de correspondre à celles du sud. Ainsi, les plants déplacés croîtront dans des conditions idéales », ajoute-t-elle.

Pour vérifier cette hypothèse, la chercheuse a suivi l’évolution des plants pendant deux ans. Toutes les deux semaines, elle a mesuré des plants en prenant notamment leur hauteur, leur masse et leur diamètre pour établir des courbes de croissance et repérer les semences les plus performantes. Son projet est la première étape d’une expérience sur le terrain qui durera plusieurs années.

La migration assistée soulève bon nombre de débats. Les individus qui s’opposent au procédé, surtout des écologistes, soulignent l’importance de respecter l’état actuel des écosystèmes. Ils craignent des croisements néfastes entre les espèces migrées et celles déjà établies, ce qui augmenterait le risque de maladies. Au contraire, la plupart des chercheurs en foresterie perçoivent la migration assistée comme une solution potentielle pour contrer les impacts des changements climatiques. « Elle permet de maintenir, voire d’augmenter, la productivité de certaines essences. Il s’agit d’un processus contesté, mais bénéfique pour l’industrie forestière et pour l’environnement », croit la chercheuse. « Effectuer des essais maintenant est nécessaire pour évaluer le potentiel à long terme de cette approche », ajoute-t-elle.

Des chercheurs font actuellement des tests de migration assistée sur d’autres essences comme celles de l’épinette noire et du pin gris, respectivement les première et deuxième espèces les plus exploitées au Québec. Pour le moment, les essais préliminaires semblent concluants, mais des analyses sont toujours en cours afin d’évaluer le rendement des plants à long terme.

« Comme notre objectif est de déplacer des populations d’épinettes blanches vers une région où cette espèce existe déjà, un processus propre à la migration assistée, le risque de conséquences est relativement faible », conclut Isabelle Villeneuve. Cette technique diffère de la migration assistée sur de longues distances qui introduit une espèce dans un milieu où elle était absente à l’origine. Le déplacement des essences à l’extérieur de leur milieu naturel de vie comporte des risques plus élevés.


8 mai 2014

Des étudiants en journalisme scientifique ont préparé des articles de vulgarisation après avoir assister aux séminaires d'étudiants en sciences forestières et en agroforesterie. Voici donc le premier de six articles.

Protéger l'agriculture avec des arbres, une pratique d'avenir pour le Québec ?
Texte par Cécile Vivant
Associer l'arbre aux cultures vivrières pour préserver l'environnement , voilà ce que les agriculteurs québécois feront demain. À condition que le gouvernement de la province suive les recommandations des chercheurs.

Définition de l'agroforesterie: Selon le MAPAQ, l'agroforesterie se définit comme « un système intégré de gestion des ressources du territoire rural qui repose sur l’association intentionnelle d’arbres ou d’arbustes à des cultures ou à des élevages, et dont l’interaction permet de générer des bénéfices économiques, environnementaux et sociaux »

En Gaspésie, l'agriculture est en perte de vitesse. Le climat est rude, le vent souffle fort, et l'équipement de production coûte cher ! Planter des haies brise-vent pour augmenter le rendement des cultures vivrières , c'est ce que l'agroforesterie tente d'appliquer dans cette région du Québec. Écologique, durable et maîtresse du maintien de la sécurité alimentaire, les méthodes agroforestières se développent petit à petit au Québec. Les politiques québécoises sont-elles appropriées à cette pratique prometteuse ? Pas assez, à en croire les recherches de Geneviève Laroche, doctorante en agroforesterie à l'Université Laval. D'autant plus que l'on a longtemps séparé les cultures forestières des cultures agricoles.

L'agroforesterie au Québec


Types de haies brise-vent implantées au Québec.
(Ménard, 2012)

Depuis plus de 30 ans en Amérique du Nord, les bienfaits de l'agroforesterie sont prouvés. « Au Québec, certains systèmes agroforestiers sont très développés, d'autres très peu ». Le constat de Geneviève Laroche sur le développement de l'agroforesterie au Québec reste mitigé. Pour la chercheuse, la plantation d'arbres dans les milieux agricoles est perçue par les Québécois comme un « choc culturel ». Selon elle, les politiques de la province influencent aussi les pratiques des agriculteurs. Au Québec, les haies brise-vent - des bandes d'arbres plantés en bordure des champs- ou encore les bandes riveraines, restent les techniques agroforestières les plus développées. Ces techniques permettent de limiter les impacts de l'agriculture sur l'environnement. Par exemple, les haies brise-vent plantées à côté de cultures légumières protègent les plantations des vents forts. Leur feuillage peut servir d'ombrage pour les animaux. Grâce à leurs racines, les haies captent l'azote, le principal engrais utilisé par les agriculteurs, et remplacent ainsi certains intrants chimiques comme les fertilisants.

Les premières recherches en agroforesterie: C'est au Canada que des chercheurs ont fait les premières expérimentations pour connaître les bienfaits de l'agroforesterie sur l'agriculture. En 1971, le chercheur Joseph H. Hulse, du Centre de recherche pour le développement international canadien, formule pour la première fois, le terme agroforesterie, mais il s'agit d'une pratique culturale ancestrale très développée dans les milieux tropicaux et subtropicaux comme en Afrique.

« Ces systèmes efficaces sont abondamment financés par le ministère de l'Agriculture », explique Geneviève Laroche. Par exemple, le programme Prime-vert est en vigueur depuis 2009. Ce programme lancé par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), encourage les agriculteurs québécois à planter et entretenir des haies brise-vent dans leurs champs agricoles. Le MAPAQ finance 70 % de l'implantation de ces haies. La hauteur de ce financement est exceptionnelle. Pour la plupart des autres pratiques agroforestières, la réalité est bien différente.

Par exemple, les cultures intercalaires n'existent presque pas au Québec. Pourtant, cette pratique qui consiste à planter des arbres au milieu des cultures agricoles a prouvé son efficacité. Le Laboratoire rural d'agroforesterie et paysages -financé par ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire du Québec- a permis d'expérimenter la valeur ajoutée de cette technique. Dans le cadre de cette expérience, Sara Savoie, chercheuse au département d'agroforesterie de l'Université Laval, a observé que les cultures intercalaires permettaient d'améliorer les sols, les rendements et plus largement, tout l'écosystème gaspésien. Ce n'est pas négligeable sur le rude territoire de la Gaspésie. Si ces pratiques sont bénéfiques pour l'environnement, pourquoi sont-elles peu exploitées à l'échelle provinciale ?

Des projets politiques en contradiction


Exemple de bandes riveraines en bord de rivière
au Québec. (OBV Yamaska, 2012)

« Les agriculteurs québécois ont vu leurs ancêtres lutter contre la forêt pour être capables de cultiver les terres », rappelle Geneviève Laroche. Selon la chercheuse, même si ces pratiques sont productives, viables et pourraient être rentables, elles ne correspondent pas aux conceptions traditionnelles de l'agriculture.

Longtemps séparée de la forêt, l'agriculture est encore considérée comme une pratique à part. « La plupart des lois et politiques freinent le développement de l'agroforesterie », selon Geneviève Laroche. Historiquement, « la foresterie s'est surtout développée en zone boréale – où les arbres résistaient au froid- avec des entreprises privées qui ont pris à peu près possession de la forêt publique. Puis l'agriculture s'est développée dans les villages pour subvenir aux besoins de la population ». Ces deux contextes ont mené à deux structures différentes : le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et le MAPAQ. L'agriculture était faite pour se nourrir et la forêt pour le bois, « ce qui fait en sorte qu'on a des programmes en agriculture qui pourraient permettre la diversification, mais qui empêchent en même temps la plantation d'arbres sur les parcelles », ajoute la chercheuse.

Les difficultés du gouvernement québécois pour légiférer sont aussi une question de temps ! Financer des produits chimiques efficaces à court terme reste une solution de facilité pour les ministères impliqués selon Geneviève Laroche. L'agroforesterie ne prouve, quant à elle, qu'une efficacité à long terme. Les résultats positifs de cette pratique sont donc difficilement mesurables. « C'est tout un changement de mentalités qui est en train de s'opérer petit à petit », ajoute-t-elle.


5 mai 2014

Les 10es rencontres de phytopathologie-mycologie, Journées Jean Chevaugeon
Texte et photos par Ines Nelly Moussavou Boussougou

Les 10es rencontres de phytopathologie-mycologie se sont déroulées du 27 au 31 janvier 2014 à Aussois en Savoie (France). Ces journées sont organisées par la Société Française de Phytopathologie et réunissent les chercheurs en phytopathologie et en mycologie tous les deux ans aux années paires. Ces rencontres ont lieu au centre touristique « Centre Paul Langevin ». C’est également une station de ski, accessible par TGV à partir de la ville de Modane à la Frontière avec l’Italie. Environ 110 participants constitués de chercheurs invités, locaux, internationaux ainsi que d'étudiants locaux et internationaux ont échangés durant 5 jours successifs. Les activités de présentation se sont déroulées dans une ambiance conviviale entretenue par des animateurs de séances sympathiques.

Les thèmes abordés lors des présentations étaient très diversifiés, dont : la génétique et l’évolution des populations, la génomique des champignons, la mycologie générale (taxonomie, écologie et évolution), l’épidémiologie et les interactions moléculaires. Durant ces journées, il était donc possible d’échanger avec d’autres présentateurs traitant du même sujet que le sien et d’en tirer le meilleur afin d’améliorer ses travaux de recherche. De mon coté, j'ai présenté une affiche traitant de la diversité de champignons endophytes chez les essences tropicales, Paraberlinia bifoliolata, Desbordesia glaucescens et Scyphocephalium ochocoa dans les forêts du sud-est du Gabon. Ces champignons endophytes qui vivent de manière symbiotique dans la plante sont bénéfiques à celle-ci et contribuent à lutter contre les agressions des pathogènes. Les trois essences souffrent de pourritures sur pied et sont abondants dans les forêts gabonaises. L’extraction de l’ADN et l’amplification de la région ITS 1 —5.8S — ITS2 de l’ADNr à partir des carottes de bois, nous a permis d’identifier en abondance les espèces de champignons des genres Pestalotiopsis et Penicillium de la division des Ascopmycota. Ces dernières étaient communes aux trois essences et représentaient respectivement 41 % et 14 % des échantillons. Les champignons identifiés se regroupaient à l’intérieur de 62 Unités Taxonomiques Opérationnels (OTU) dont 5 seulement étaient partagés par les trois essences et 3 regroupaient les champignons de la division des Basidiomycota. Les indices de diversité de Shannon (H) et de Simpson (D) ont révélé que les essences possédaient une grande diversité de champignons endophytes. Ces travaux, en plus d’être une première étude réalisée sur ces essences en forêt gabonaise, contribuent à fournir des informations pour les champignons endophytes dans le bassin du Congo.

Ces journées bien que chargées étaient vites oubliées lors des belles retrouvailles où on pouvait avoir l’honneur d’être invitée à la table de chercheurs de renom et de discuter autour d’une bonne fondue savoyarde ou partager une danse, pour ne citer que celles-là.

Remerciements : Toute ma gratitude au Centre d’étude de la Forêt (CEF) et à mon directeur de thèse monsieur Louis Bernier qui m’ont permis d’effectuer ce voyage afin de présenter une partie de mes travaux de thèse.



3 avril 2014

La CEFoshère en bref
Les terres du séminaire, est-ce que ça vous dit quelque chose? Eric Alvarez vous dresse un portrait du type d’aménagement  qui se pratique sur ce territoire géré par le « Séminaire de Québec » depuis 350 ans.

Si vous voulez en savoir plus sur les araignées, lisez le billet de Christopher Buddle qui dresse une bibliographie des références essentielles  les concernant. Dans un autre billet , vous apprendrez comment deux araignées néotropicales utilisent des glandes situées sur leurs pattes pour répandre des sécrétions dans l’environnement. Vous pourrez aussi lire sur son blogue dix faits intéressants sur les caracaras à gorge rouge  et sur les pseudoscorpions .

André Desrochers fait un éloge du doute  en revenant sur les changements climatiques, un sujet où le consensus scientifique semble être établi. Son billet vous fera-t-il réagir?


24 mars 2014

Publication du GIEC: guide pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre des terres humides
2013 Supplement to the 2006 Guidelines for National Greenhouse Gas Inventories: Wetlands (Wetlands Supplement)
Texte et photo par David Paré

À quelques semaines de la finalisation du Rapport (AR5-groupe III) du GIEC sur l’atténuation des changements climatiques (prévue du 7-11 avril 2014), le rapport spécial du GIEC sur les terres humides (WETLANDS)  est maintenant disponible.

Ce rapport vient combler des lacunes identifiées par le GIEC et le besoin d’une mise à jour pour l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de l’aménagement des terres humides et des sols organiques. Les résultats produits seront utilisés dans les inventaires nationaux de GES de même que par le AR5. Entre autre, les facteurs de niveau I (facteurs à utiliser par défaut lors des inventaires nationaux de GES) des émissions de GES lors du drainage ont été révisés. Des estimés ont aussi été produits pour les émissions lors d’incendies des sols organiques drainés et non drainé ainsi que pour les émissions de méthane et de carbone organique dissous dans les eaux de drainage.

Les facteurs qui auront sans doute le plus d’impact sont ceux qui concernent les émissions en provenance du drainage de tourbières tropicales. Le drainage, suivi de plantations de palmiers à huile et de plantations à courte rotation comme l’acacia donne des facteurs d’émissions de CO2 de 11 et 20 tonnes CO2-C ha-1 a-1. Ces facteurs permettent de mieux quantifier l’impact environnemental de ces productions qui font l’objet d’un important commerce mondial. À titre de comparaison, le drainage en milieu boréal donne des facteurs qui vont de 0,25 à 0,93 tonnes CO2-C ha-1 a-1. Les incertitudes demeurent élevées dans presque tous les cas. Il est intéressant de noter que l’intervalle de confiance à 95% pour le drainage des tourbières forestières boréales pauvres (oligotrophes) comprend des valeurs négatives. Ceci indique que sur certains de ces sols, le drainage peut augmenter les stocks de carbone du sol, le drainage stimulant la productivité qui vient plus que compenser l’augmentation des pertes par décomposition.

David Paré (CEF) a participé comme éditeur du chapitre 2 portant sur le drainage et comme Lead Author d’un groupe spécial sur les tourbières tropicales. À gauche sur la photo avec un groupe de spécialistes des sols lors d’une rencontre du GIEC à Manaus, Brésil. Terra Preta : un sol d’une fertilité exceptionnelle (couche foncée) fabriqué par l’homme en période précolombienne, il y a près de 2000 ans et qui a donné l’inspiration pour les travaux sur le Bio Char. Les mécanismes de formation de ces sols sont encore mal compris.


20 mars 2014

La CEFoshère en bref
Saviez-vous qu’hier était la journée de reconnaissance des taxonomistes? Christopher Buddle en profite pour vous inciter à devenir taxonomiste amateur . Dans un autre billet, il vous partage sa vision de ce qu’est un naturaliste . Vous pourrez aussi découvrir sur son blogue dix faits intéressants sur les triops  et sur les collemboles . Enfin, sur le site Arthropod Ecology, il félicite Raphaël Royauté  qui a défendu sa thèse avec succès. La thèse de Raphaël s’intitule : Factors influencing behavioural variation in apple orchard populations of the jumping spider Eris militaris (Araneae: Salticidae).

Quel est le lien entre le cosmos et Darwin?  En passant par le principe anthropique et les trous noirs, André Desrochers répond à cette question afin de vous changer les idées durant la campagne électorale.

Eric Alvarez nous présente une synthèse d’un colloque sur tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE)  qui a eu lieu en février. Il en profite pour souligner à quel point le monde forestier souffre d’amnésie générationnelle. Les anciens gestionnaires forestiers, qui ont vécu l’épidémie de tordeuse des années 50, pourraient transférer leurs connaissances, mais les structures en place ne leur permettent pas.

6 mars 2014

La CEFoshère en bref
Pourquoi devriez-vous vous réjouir de produire du pétrole dans votre cour?  André Desrochers répond à cette question controversée sur son blogue. Comme si les chevreuils de l’île d’Anticosti l’avaient inspiré, le billet suivant concerne la possibilité de servir du gibier sauvage dans les restaurants du Québec. 

Véronique Yelle poursuit sa chronique sur l’acceptabilité sociale dans le blogue la forêt à cœur. Elle discute cette fois des groupes à prendre en considération dans l’acceptabilité sociale.  Eric Alvarez aborde justement un cas où l’acceptabilité sociale n’a pas été bien prise en compte : le dossier du mont Kaaikop. 

Vous avez du mal à gérer vos courriels? Lisez les trucs de Christopher Buddle qui réussit à la fin de chaque journée à avoir une boîte de réception vide.  Christopher présente aussi une interview avec une Emma Sayer qui a eu l’idée originale d’intégrer la science aux festivals de musique.  À quand un kiosque du CEF au Festival de Jazz de Montréal ou au Festival d’été de Québec? Dans un autre billet, il vous encourage à regarder une vidéo qui explique les services écologiques rendus par les insectes.  Êtes-vous en train de préparer une demande de subvention?  Peut-être ressentez-vous les mêmes émotions que Christopher qui les décrit d’une belle façon. En lisant son blogue, vous apprendrez également comment les araignées sauteuses sélectionnent leurs aliments  en se basant sur la couleur. Christopher vous a livré son dernier segment  sur l’actualité artropodologique. Cette chronique est désormais remplacée par la chronique Ten facts. Vous pouvez lire dix informations intéressantes sur la guêpe parasitoïde  et des papillons de la famille des Hesperiinae .


25 février 2014

World congress on agroforestry 2014 – Delhi
Texte et photo par Pierre-Paul Dion

Du 10 au 14 février, se tenait à Delhi, Inde, le troisième congrès mondial en agroforesterie, rassemblant plus de 1000 intervenants du domaine de l’agroforesterie de partout dans le monde. Les quatre premières journées ont été le cadre de centaines de présentations orales, discussions et présentations d’affiches. Les sujets présentés étaient très variés, à l’image de la diversité de provenance des participants. On y abordait des aspects tant agronomiques, forestiers et biologiques que politiques, économiques et sociaux.

Alors que notre vision de l’agriculture se résume souvent à la monoculture à grande échelle, les arbres peuvent fournir des services écologiques très intéressants aux cultures. La stabilisation du sol face à l’érosion, la captation des nutriments et l’utilisation plus optimale de l’eau sont des facteurs très importants. L’arbre peut aussi être une source de revenus et de production additionnels, cruciaux pour les petits producteurs, surtout en milieu tropical. L’arbre participe à la stabilisation de l’agroécosystème devant les changements climatiques et la fixation de carbone en milieu agricole pourrait avoir un impact positif significatif sur le climat mondial si l’agroforesterie était pratiquée à grande échelle. Les produits forestiers non ligneux sont aussi une valeur ajoutée aux forêts. Des pratiques agroforestières sont souhaitables dans tous les climats : aride, tempéré, tropical, etc. Cependant, beaucoup de travail reste à faire afin de faciliter l’implantation de ces systèmes. Par exemple, de la recherche est toujours nécessaire pour déterminer les associations arbres – herbacées ou arbres – bétail optimales pour les différents milieux et climats à l’échelle du globe, et confirmer ou quantifier les avantages procurés par ces pratiques. À l’issu du quatrième jour, une déclaration résumant les thématiques importantes et les directions politiques suggérées pour les cinq prochaines années a été votée et adoptée par l’assemblée.

Au cinquième jour se déroulait le départ de visites sur le terrain. Des quatre proposées, j’ai choisi de visiter une ferme pratiquant plusieurs types de cultures intercalaires alliant des espèces d’arbres et d’herbacées variées telles que le peuplier hybride, le manguier, le figuier, le blé, le curcuma et la moutarde. Cela en fait donc un bon exemple pour l’étendu des possibilités en cultures intercalaires. Cette ferme, autosuffisante sur le plan financier, est très productive et redonne ses profits à la communauté, permettant l’organisation d’activités et l’achat d’équipement commun. Cette visite était une belle conclusion concrète suite à ce vaste congrès en agroforesterie.


19 février 2014

Les 3 et 4 février derniers se tenait à Paris (France) un atelier international sur l’adaptation des forêts aux changements climatiques, organisé par le réseau mixte technologique AFORCE . Le Canada y avait été invité pour présenter une vitrine sur les initiatives qui y sont déployées. Le professeur Frédérik Doyon, chercheur au Centre d’étude de la forêt (CEF) et à l’Institut des Sciences de la Forêt tempérée (ISFORT-UQO) faisait partie de la délégation canadienne pour y présenter l’étude de cas qu’il réalise en collaboration avec la Collectivité Forestière du Projet le Bourdon (CF PLB).

Ce projet a permis le développement d’outils de modélisation pour l’évaluation des impacts potentiels des changements climatiques qui ont été ensuite utilisés lors de procédures participatives avec les parties prenantes de la CF PLB afin d’identifier les mécanismes de vulnérabilité. Des travaux en modélisation socio-écologique sont actuellement en cours visant à coupler les aspects de capacité d’adaptation et des mécanismes de réponse décisionnel à la perception du risque par les acteurs afin de tester différentes stratégies d’adaptation.

Sur la photo apparaissent les représentants de la délégation de la France, de la Belgique, du Portugal, de l’Espagne, de la Catalogne, de l’Allemagne, de l’Angleterre, de l’Écosse, de la Suisse, de l’Autriche et du Canada.


11 février 2014

La CEFoshère en bref
Si vous êtes de ceux qui pensent encore que l’industrie forestière règne en maître sur la forêt québécoise, détrompez-vous. Eric Alvarez montre comment la FSC est maintenant le parrain de l’aménagement des forêts du Québec . Il cède ensuite la parole à Véronique Yelle qui vous explique le concept d’acceptabilité sociale  dans la première partie de deux chroniques.

Hésitez-vous à débuter un blogue? Lisez le billet de Christopher Buddle qui vous explique comment bloguer pourrait améliorer votre productivité en recherches . Il amorce également une nouvelle série de billets intitulés Ten facts qui présentera 10 informations intéressantes à propos d’une espèce ou d'un groupe d’espèces. Pour commencer la série: les araignées-loups . Comme toujours, vous trouverez les dernières actualités arthropodologique dans les segments 10  et 11 . Sur son autre plateforme, Christopher vous explique pourquoi les courriels devraient être exempts d'erreurs .

André Desrochers démystifie pour vous le fameux seuil de 12% d’aires protégées  souvent évoqué comme objectif minimal à atteindre pour un territoire. Il termine son billet avec un vœu noble : une saine gestion du territoire à 100%.


28 janvier 2014

La CEFoshère en bref
Catherine Potvin vous offre une dernière vidéo  en lien avec son pari de produire deux vidéos par semaine pendant un an sur les changements climatiques. Elle espère maintenant que vous répondrez à l'appel et que vous lui enverrez photos ou vidéos pour faire connaitre vos projets ou initiatives vertes. Pour vous inspirer, vous pouvez écouter la vidéo sur le projet de la chaufferie de St-Ludger-de-Milot . Vous découvrirez comment la biomasse forestière peut être revalorisée pour diminuer l'empreinte écologique et créer de l'emploi localement.

Eric Alvarez dresse un bilan pour son blogue , la forêt à cœur, qui a attiré 2 605 visiteurs en 2013. Un bilan très positif qui offre de belles perspectives pour l’année 2014.

Se voulant moins controversé qu’à son habitude, André Desrochers discute du métier de pisteur . Après la lecture de ce billet, vous aurez peut-être le goût, vous aussi, d’aller faire une promenade en forêt pour observer des pistes d’animaux.

Christopher Buddle vous informe de l’actualité arthropodologique dans son segment 9 . Comme il était au Kenya, le segment 8  est consacré aux photos qu’il a prises lors de son voyage au parc national d’Amboseli au Kenya. Si vous voulez découvrir un insecte ayant un cycle de vie digne d’un film de science-fiction, lisez le billet qu’il a écrit avec Wayne Knee sur les mites du genre Pyemotes .


20 janvier 2014

Conférence de l’American Bison society en collaboration avec la Wildlife conservation society, Big Sky, Montana
Texte et photo par Marie Sigaud

La 4e conférence de l’American Bison Society en collaboration avec la Wildlife Conservation Society s’est tenue du 16 au 19 Septembre 2013 à Big Sky dans le Montana. Ce colloque avait pour objet la restauration écologique du bison sur le continent américain. Il a réunit un grand nombre d’experts venant des USA, du Canada et du Mexique pour discuter des différents problèmes et de leur retour d’expériences sur la co-habitation avec le plus grand mammifères d’Amérique.

Au cours de cette conférence chaque invité a pris la parole pendant 20 minutes. Cela a été l’occasion notamment de faire un point sur la populations de bisons des plaines du parc National de Prince Albert en Saskatchewan qui héberge la seule population de bisons en liberté dans son aire de répartition historique au Canada, et qui est suivi depuis plus de 15 ans par le laboratoire de Daniel Fortin de l’Université Laval en collaboration avec les services de Park Canada. C’est également à cette occasion qu’a été présenté le plan de ré-introduction du bison des plaines dans le parc national de BANFF, Alberta. On notera également la participation de plusieurs représentant des peuples des premières nations, apportant un éclairage patrimonial à la restauration d’une espèce culturellement clef.

La partie scientifique du congrès s’est concentrée dans la présentation de différents posters, apportant des éléments de compréhension dans la place occupée par le bison dans différents écosystèmes. J’ai moi-même présenté des résultats préliminaires investiguant les niveaux de stress chez les bisons en lien avec les perturbations anthropiques.


15 janvier 2014

La CEFoshère en bref
À l’instar de David Suzuki et d’Harvey Mead, André Desrochers constate que les environnementalistes ont échoué . Cependant, au lieu d’accuser seulement les acteurs sociaux pour cet échec, André l’attribue également au mouvement vert lui-même. Selon lui, l’autoflagellation, la calamythologie, l’amalgame de la gauche et du vert ainsi que le manque d’humanisme ont aussi contribué à la crise des verts. À vous de décider si vous partagerez son point de vue cette fois-ci.

Si vous vous demandez si ça vaut la peine de se convertir à la géothermie, écouter la vidéo, de Catherine Potvin qui nous présente un couple qui a choisi la géothermie  pour remplacer leur fournaise à l’huile. Dans une autre vidéo parue avant les fêtes, deux étudiants de l’université Thompson à Kamloops en Colombie Britannique explorent les facteurs qui permettent aux sols des pâturages d’emmagasiner du carbone .

Toujours aussi prolifique, Christopher Buddle a écrit plusieurs billets depuis la dernière parution de la CEfoshère. Il nous annonce qu’il se joindra au Teaching and Learning Services (TLS) de McGill pour développer des méthodes afin d’utiliser les médias sociaux en enseignement . D’ailleurs, il vous demande de lui écrire si vous les utilisez dans vos classes. En plus des médias sociaux, Christopher utilise les carnets de terrain comme méthode d’évaluation dans ses cours. Découvrez comment dans son billet . En plus de sa revue de l’actualité arthropodologique dans les segments 6  et 7 , Christopher vous transmet sa liste de souhaits entomologiques pour 2014  . Étant donné qu’il est à un congrès au Kenya cette semaine, il s’est donné le droit de réutiliser un ancien billet que vous pourrez lire ou relire si vous voulez savoir pourquoi il étudie les arthropodes .


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14 au 25 août 2017, FERLD, Abitibi
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24-29 septembre 2017, Toscane, Italie

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Jérémie Alluard (2016) Les statistiques au moments de la rédaction 

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