Projet de recherche sur la mise hors service de chemins à faible fréquentation

Objectifs principaux du projet

Ce projet de recherche vise à proposer des solutions concrètes pour assurer une protection efficace et cohérente des milieux aquatiques, par la réduction des menaces à la qualité de l’eau et à la libre circulation du poisson provoquées par les infrastructures qui forment les chemins à faible fréquentation en milieu éloigné.

  • Mesurer les modifications de la physico-chimie de l’eau et de la granulométrie des lits de cours d’eau causés par différentes méthodes de gestion des chemins à faible fréquentation, dont l’abandon, la fermeture et la mise hors service à l’aide de traverses à gué aménagées et de pontages temporaires.
  • Évaluer l’influence de ces différentes méthodes de gestion sur l’état des ressources halieutiques par une analyse intégrée de la croissance des poissons en lien avec les entraves à leur libre circulation et la qualité de l’habitat aquatique.
  • Définir les conditions abiotiques préalables, les critères d'application et les techniques de conception optimales pour la mise hors service des chemins à faible fréquentation, autant en termes d’accès aux ressources, de bénéfices hydrologiques, que d’optimisation opérationnelle, afin de développer un guide de saines pratiques.

Contexte

Préambule du projet

Une étude en partenariat avec la Fondation de la Faune du Québec, la Fédération des Pourvoiries du Québec, Zecs Québec, la Sépaq et la Forêt Montmorency a permis de mettre en évidence le sous-entretien généralisé des chemins à faible fréquentation au Québec et ont fourni des données justifiant la pertinence scientifique et administrative du présent projet sur la mise hors service de chemins à faible fréquentation.

Pour plus de détails, consultez le rapport État et durabilité des traverses de cours d'eau sur les chemins forestiers  produit par Philippe Paradis-Lacombe et Sylvain Jutras en 2016.

Le réseau routier québécois compte, d’après les derniers estimés du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP), entre 320 000 et 340 000 km de chemins sur terres publiques, ce qui exclut les routes numérotées sous la responsabilité du Ministère du Transport ou du milieu municipal (Morvan 2011, Paradis-Lacombe et Jutras 2014). Ce réseau a d’abord été déployé graduellement depuis les années 1960 pour permettre l’extraction des ressources ligneuses à l’aide de camions, remplaçant alors la vidange du bois par flottage. Dans les années 1970, le développement des grands projets hydroélectriques du Québec a débuté, ce qui a ajouté jusqu’à ce jour 33 000 km de lignes de transport électrique et qui a nécessité la construction de chemins d’accès et d’entretien sur de très grandes distances. Conséquemment, il y aurait aujourd’hui plus d’un demi-million d’infrastructures de traverses de cours d’eau sur les terres publiques du Québec. Très diversifiée dans ses méthodes de conception et ses types de matériaux (bois, métal, plastique, béton, etc.), chaque traverse de cours d’eau représente une source potentielle de perturbation du milieu aquatique par l’apport de sédiments et la rupture de la connectivité de l’habitat aquatique (Roni 2005). De plus, le risque de perturbation s’accroît avec le temps puisque les matériaux utilisés dans ces infrastructures se dégradent inévitablement (Paradis-Lacombe et Jutras 2016).

À l’heure actuelle, il n’existe aucun registre ou base de données exhaustive de l’état des traverses de cours d’eau sur terres publiques au Québec. Par contre, le constat général qui transparaît à travers quelques initiatives locales d’évaluation de l’état des traverses de cours d’eau en milieu éloigné (Bélanger et al., 2004 ; Trottier et al., 2011) décrit une dégradation avancée des infrastructures situées sur les chemins peu fréquentés ou abandonnés, et ce, principalement à cause du manque d’entretien. Des travaux récents ont démontré, à partir d’un échantillonnage territorial non biaisé, que 86 % des chemins ne feraient l’objet d’aucun entretien en territoire public Québécois (Paradis-Lacombe et Jutras 2016). Le bureau du forestier en chef (2010) du Québec précise d’ailleurs dans son « Bilan d’aménagement forestier durable au Québec (2000-2008) » que les vieux chemins sont trop souvent sans surveillance et qu’il n’y a donc pas de suivi de leur état, ni de bilan, ni de plan d’action clair quant à leur entretien.

Concept de chemins à faible fréquentation

Le transport des ressources naturelles, que ce soit l’électricité, le gaz naturel ou la matière ligneuse, nécessite la mise en place de réseaux d’accès extensifs s’étendant sur de très grands territoires publics. La notion de fréquentation des chemins à court et à long termes est toutefois très particulière en milieux éloignés. La très grande majorité des milliers de km de chemins construits à chaque année est en utilisation intensive pour une très courte période de temps pour ensuite être utilisé de façon très sporadique, voire même être complètement abandonné. C’est entre autres le cas pour les chemins d’accès construits lors du déploiement des lignes de transport électriques et des gazoducs, ainsi que pour l’extraction de la matière ligneuse au coeur des parterres de coupe. Pendant de courtes périodes allant de quelques semaines à quelques années, des travaux d’envergures nécessitant de la machinerie imposante et le passage de véhicules à fortes charges seront effectués. Les chemins qui doivent être construits pour réaliser ces activités sont donc érigés en conséquence, dans le respect du cadre réglementaire en vigueur. Une fois les travaux majeurs complétés, ces chemins ne seront fréquentés que lors d’entretien et d’inspection des lignes de transport (en moyenne une fois à chaque 10 ans) ou lors de la réalisation d’inventaires et de travaux sylvicoles (rarement plus fréquents qu’à chaque 20 ans, et souvent jamais). Pendant ces longues périodes de non-utilisation, aucun entretien des chemins n’est effectué.

Gestion actuelle par "abandon"

Puisque le cadre légal le permettait indirectement, la méthode de gestion par abandon a été largement utilisée en milieu éloignée par les exploitants des ressources naturelles. Une fois que l’utilisation d’un chemin était terminée, la responsabilité de son entretien était abandonnée par l’intervenant qui l’avait construit. Puisque l’état, représenté par le ministère en charge des forêts, était officiellement propriétaire de cette infrastructure et qu’aucune réglementation ne concernait l’entretien à long terme de ces structures, ces chemins étaient littéralement abandonnés à leur sort. En absence d’entretien, l’accessibilité au territoire est alors fortement réduite car la végétation se réinstalle spontanément sur la chaussée lorsqu’elle n’est pas fréquentée. Ceci favorise, entre autres, la prolifération du castor et de ses barrages, ce qui cause ensuite une dégradation encore plus importante des infrastructures routières et de traverses de cours d’eau laissées sur place. La gestion par abandon cause donc une dégradation accélérée des milieux aquatiques par l’affaissement des ponceaux, la création d’entraves à la circulation du poisson, l’érosion de la chaussée et des remblais (Paradis-Lacombe et Jutras 2016) ainsi que la sédimentation spontanée et/ou graduelle de quantités considérables de particules fines dans les cours d’eau (Bérubé et al., 2010).

Fermeture de chemins

Toutefois, certains intervenants choisissent délibérément de fermer ces chemins une fois la période de forte utilisation terminée. Ce type de travaux peut être réalisé selon différentes intensités, allant du simple blocage de l’accès sans remise en production de la route ni retrait des ponceaux, jusqu’à une remise en production forestière complète après le scarifiage de la chaussée et le retrait des traverses de cours d’eau. Une étude récente a toutefois démontré que les chemins fermés sont ensuite très souvent utilisés quand même par d’autres utilisateurs du territoire (pêcheurs, chasseurs, VTT, etc.), qui n’ont d’autres choix que de traverser à gué les cours d’eau sans que des infrastructures adéquates aient été mises en place (Gauthier et al., 2013). Les berges des cours d’eau s’altèrent donc avec le temps, ce qui favorise l’apport de sédiments dans les cours d’eau. Cette méthode de gestion par fermeture n’est donc pas forcément bénéfique pour les milieux aquatiques si elle n’est pas réalisée dans un contexte favorable. Afin de bien encadrer cette pratique, il serait nécessaire de mieux connaître les impacts du retrait de traverses de cours d’eau, avant, pendant et après les travaux. De plus, il serait important d’évaluer et de développer des solutions alternatives adaptées au contexte de la forêt boréale où les chemins à faible fréquentation ne seraient ni actif, ni fermés.

Mise hors service de chemins


Exemple de traverse à gué aménagée

Des techniques de mise hors service de chemins à faible fréquentation pourraient être développées pour remplacer la gestion par abandon qui a laissé un immense héritage de chemins sous-entretenus en milieux éloignés. Il serait ainsi possible de freiner la détérioration des milieux aquatiques. De plus, ces techniques de mise hors service pourraient être utilisées dans le cadre du développement futur des chemins à faible fréquentation en milieu éloignés. Grâce à elles, il serait possible de prévoir leur utilisation dès la planification des travaux de construction de chemins qui seraient voués à une éventuelle faible fréquentation. Des approches novatrices utilisant des pontages temporaires et/ou des traverses de cours d’eau réutilisables lors de l’exécution des travaux à forte fréquentation et des traverses à gués aménagées par la suite pourront être développées. Mais au coeur de ces développements se trouve l’évaluation des effets réels de l’usage de traverses à gué aménagées sur les habitats aquatiques. Il s’agit de la clé de voute de ces approches novatrices de développement et du maintien de l’accès au territoire.

Étudiantes

  • Karelle Gilbert - Candidate au doctorat en sciences forestières : Étude des effets de différents modes de gestion des chemins à faible fréquentation sur l'habitat aquatique

Direction : Sylvain Jutras Ing F, Ph D
Co-direction : André P. Plamondon Ing F, Ph D

  • Vicky Larocque - Candidate à la maîtrise de recherche en sciences forestières : Critique des traverses de cours d’eau en milieu forestier

Direction : Sylvain Jutras Ing F, Ph D
Co-direction : Brian Morse , Ing, Ph D

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Jérémie Alluard (2016) Les statistiques au moments de la rédaction 

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